Fin d’une décennie : le bilan par 3

Déjà la fin d’une décennie. Cela valait bien un petit billet d’humeur. Surtout quand comme moi on n’en fait jamais !

Je ne poste pas souvent des messages sur les réseaux dits classiques (facebook & consorts). Un peu par lâcheté, beaucoup par fainéantise et aussi surtout par pur égocentrisme. En effet j’avoue que c’est plus fort que moi : je n’ai jamais aimé faire les choses comme tout le monde et encore moins cru en l’intérêt de mon profil facebook.

A quoi ça sert?

Sans rire j’ai beau retourner le problème dans tous les sens : à part relayer mes sites, blogs et autres délires d’éternel rêveur, quelqu’un peut me dire à quoi cela peut servir pour un esprit aussi tordu que le mien?

Parler de ce que j’ai mangé à 15 heures au resto un lendemain de murge? Permettre à des relations de piocher dans mes photos pour ne surtout pas être absent des diaporamas des amis dans les mariages? Faire semblant d’être épanoui socialement?

Ou encore espionner mes proches? Au passage pensez à crypter vos photos si vous avez un cinglé de mon calibre dans votre liste d’amis. Moi je dis cela je dis rien hein. Je me suis mis récemment au marabout et certains vont souffrir très fort 🙂
ah merde j’ai pas pu m’empêcher de mettre un smiley pour dédramatiser mon propos!

Il est vrai qu’en un peu plus de 10 ans cela ne m’a servi à rien ou presque. Du moins pas sur ce profil-ci. Quoique. J’ai quand même posté quelques photos récentes l’été dernier qui à mon grand étonnement m’ont valu quelques éloges qui m’ont fait chaud au cœur.

Tout est calculé

C’est cruel mais pour moi avoir fait cela était aussi normal que sciemment calculé : l’été on a envie que le corps exulte comme disait Brel. Sachant abuser des nouvelles technologies de mon salon et en bon lâche qui est infoutu de dire à une femme qu’elle lui plaît, je vous laisse deviner dans quel quasi unique but j’ai fait cela.

Mais dans le virtuel comme dans le réel on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre. Si je veux vraiment me trouver quelqu’un il faudrait que je me bouge un peu le cul.

Mais des fois il y a pire que d’être introverti. Il y a être extraverti introverti. Prenez bien le temps de peser le poids de ces deux mots. On a beau être très entouré.e on peut se retrouver très seul.e. Seul.e dans sa logique, seul.e dans son rapport au monde, etc.

Ne pas perdre pied

Bref depuis cette séance photo nada. Pas une news à nouveau. Je ne suis décidément pas à l’aise avec cet outil comme avec tant d’autres choses. Mais bon on va arrêter là cette partie un peu tristounette. Que l’on se rassure je vais bien. Je suis très occupé depuis maintenant un an pile sur un projet assez conséquent qui me permet de ne pas perdre pied même si des fois il me coupe un peu du monde. C’est long mais passionnant et cela pourrait se transformer un jour en une potentielle source de revenus.

Ce n’est que par pur amusement et après deux Bloody Mary bien tassés que je me suis lancé dans la rédaction complétement imprévue de cet article qui j’espère ne sera pas du tout trop long. Cela me fait vraiment du bien et je profite de cette occasion de fin d’année couplée à cette fin de décennie pour me livrer comme rarement.

Si vous lisez ceci sur votre téléphone portable, je vous recommande de ne pas manger gras à côté et de bien mouiller votre doigt si c’est un modèle de type tactile. Vous risquez de descendre assez profond pour voir tourner l’eau dans l’autre sens. Et ce sans avoir abusé d’une quelconque façon de s’évader artificiellement ou avoir changé d’hémisphère. Cet article-là il vaut en effet le détour mes amis. Allez on y go.

Bilan des années passées

Les années 2010 donc. Quel décennie putain!
Elles auront été un mélange assez étrange pour moi. A la limite du bizarroïde et du (presque) paranormal. Il s’est passé dans la grande et la petite histoires que je mélange plein de trucs et qui ont pour point commun le chiffre 3. C’est ce que je vais vous récapituler ici.

3 Présidents de la République.
3 Coupes du Monde (dont 1 de gagnée et 1 de lamentable).
3 Guerres (dont 1 chez nous depuis janvier 2015).

3 Nouveaux épisodes de Star Wars (quoique là on aurait pu s’en passer surtout quand on invente une autre histoire grrrrrr rendez-nous Thrawn et l’invasion des Yuuzhan Vong bande de traîtres!)

3 Ex. Qui au passage sont normalement encore toutes en vie.
Euh quand je dis “ex” ce sont bien des femmes hein et pas des hommes ou des chiens et des histoires de minimum 3 mois. Et pas 3 heures. Rigolez-pas là d’un coup j’en vois dans cette décennie passée au moins 2 (peut être plus)…

7 ans de taf… et 3 chez Pôle Emploi!

3 c’est aussi le nombre de fois où j’ai eu un accident de bagnole en 10 ans dont 1 fois où j’étais responsable. Mais ça ne compte pas car dans la bataille comme pour un tank Tigre j’ai réussi à endommager une Allemande et par l’arrière en plus. C’était une Golf modèle III et hormis celle de mon pote Antoine j’ai jamais vraiment kiffé ces caisses. Mais c’est pareil avec les 307/308 ou n’importe quelle compacte…

3… Comme le nombre de fois où j’ai vraiment failli crever
(dans les assurances entre 2010 et 2013 à gérer un stock de clients cinglés et voleurs, lors d’une agression physique en 2017 et enfin la péricardite en mars dernier)

… et ça continue !

3 fois également cette année où j’ai dû reprendre à zéro ou presque un projet perso dont le but ultime à moyen terme est de pouvoir briller en société mais chut!
j’en reparlerai ici le jour où je pourrais vraiment en vivre. Sinon j’aurai peut être l’air un peu con. Ou excessivement vaniteux au choix. Dans les deux cas j’aime pas trop trop…

3… Comme le nombre de bouteilles de pinard qu’en fin de mois il faut toujours racheter car y’en a pu… ou bien à l’inverse c’est le nombre qu’il reste parce que tout n’a pas été bu.
(bon cette dernière constatation comptable s’est toujours révélée apparaître dans les bilans de façon moindre que la première…)

3 c’est aussi le nombre d’albums au hasard d’Hôtel Costes, de Sébastien Tellier et de Richard Cheese (si si c’est un vrai nom de scène) que j’ai réussi à avoir en les recopiant grâce à mon abonnement de médiathèque (pour les deux derniers seulement)… Curieusement je n’ai pas été foutu de trouver un quatrième volume d’aucun de ces artistes dans la décennie… Etant de nature mélomane légèrement psychorigide; il s’agit pour moi d’un véritable constat d’échec snif ouin!

Assez !

3…

Bon j’arrête. Cela devient atroce pour vous qui lisez ces lignes. Il n’arrêtera donc jamais???? Vous voilà rassuré.e.s. C’est fini. Ah si j’allais oublier!

Il y a un autre truc que j’ai fait c’était en 2015. Cette année-là j’ai eu l’occasion de sortir en moins de 365 jours avec je vous laisse deviner combien de femmes… Un indice cela se compte sur les doigts d’une seule main moins deux. Cela ne n’était plus arrivé depuis 2004 ou 2005 au passage. Bon ok ce dernier détail on s’en fiche c’est hors propos.

Mais par contre il y a un truc que je n’ai fait qu’une fois et que quasiment toutes les personnes qui m’ont vu physiquement depuis cette année-là ont pu savoir. Ca m’a fait un bien fou. Et pour toutes les autres ce n’est pas forcément ce que vous croyez. Pour toute demande d’information relative à ces faits d’armes aussi remarquables que rocambolesques, écrire à la Rédaction qui transmettra.

J’opte pour le 3

Pour celles & ceux qui me connaissent depuis des années (et/ou qui me subissent) vous savez peut être que mon chiffre fétiche a toujours été le 5. L’époque DJ Five, ce genre de conneries qui avec d’autres m’ont fait tant perdre de temps, d’argent et de relations… Eh bien c’est décidé je crois que je vais changer pour le 3. Il revient tout le temps le dégourdi !

Il a en effet ébloui cette wonderful décennie qui aura aussi vu pêle-mêle apparaître mon premier cabriolet en 2012 (16 ans que j’attendais cela ouaiiis),
mes 30 ans en 2013 (30 ans que j’attendais cela ouaiiis),
ma première conjonctivite en 2014 (j’ai jamais été très fumette et ça je ne l’attendais pas du tout) et enfin et surtout mon premier livre (que je ne vends pas) publié en 2019 après être resté dans un disque dur… 3 ans de trop!

A défaut d’avoir tout réussi tout tout de suite tout bien, je ne peux pas dire que je n’ai rien foutu. Et voilà bien un truc de rassurant.

En plus des anciennes relations d’amicalités diverses qui sont presque encore toutes là, il y en a eu de nombreuses autres qui sont apparues. Quelques belles rencontres aussi. Qui pour la plupart sont normalement encore là et pour un petit bout de temps. Distances ou pas. Centres d’intérêts ou pas. Et c’est la vie il y a eu aussi quelques pertes inestimables et éternelles. D’autres qui le sont moins…

Mes Voeux

Mais bon. Pour tout ce qui reste debout rien n’est figé à mes yeux. Cela vaut pour vous qui prenez le temps de me lire comme pour moi. Tous les espoirs me sont permis puisque je suis en vie. Ceci n’est pas de mon tonneau. C’est du Daho. Et c’est très beau d’ailleurs.

Alors bref de bref : parce que cela se s’arrête pas maintenant et que comme tout est toujours un éternel recommencement, je vous donne rendez-vous pour cette nouvelle décennie qui arrive en espérant pouvoir écrire dans 10 ans un truc toujours aussi marrant que ce genre de message… Mais avec si possible moins de sarcasmes d’auto-flagellation et plus d’authentiques réjouissances liées à de vraies réussites.

En plus de passer de Bonnes Fêtes de cette fin d’année 2019, je vous souhaite à Toutes & à Tous ainsi qu’à vos familles et proches qui vous sont chers une Excellente Décennie 2020-2030 à venir!

Puisse-t’elle nous apporter joie, bonheur, tune, santé, prospérité et tout ce qui va avec !

E D I T H D E N A N T E S

ps: non je ne suis pas schizophrénique. Pas encore…

ps 2: que 2 Bloody Mary pas plus. Un troisième verre aurait été de trop. Car même en relisant 3 heu non disons 4 fois j’aurais certainement fait des fautes d’aurtografe et/ou il aurait manqué des mots ici et .

Les Bottes de la discothèque

Cette paire de bottes est discrète dans ma collection mais elle n’en est pas moins importante à mes yeux… Le comble c’est que c’est devenu rare que je sorte avec désormais.

Un peu comme si inconsciemment j’en avait fait une sorte de relique d’un temps passé. Je vous explique cela dans ce qui suit et ainsi vous pourrez me dire si j’exagère un peu ou pas.

Une période trouble

Lorsque j’ai commandé ce modèle neuf sur Internet, il s’agissait d’une période un peu particulière pour moi. Mon couple commençait à battre de l’aile et d’ailleurs ce dernier finit par imploser très peu de temps après.

C’est alors que je fis mon coming out d’homme travesti auprès de mes parents qui de leur côté appréciaient surtout le fait que je ne sois plus avec mon ex qui selon eux m’empêchait d’évoluer. Pas sur le plan du travestissement car elle le savait depuis nos débuts presque quatre ans auparavant. C’était plus sur le plan de l’épanouissement relationnel on va dire. Je vous épargne les détails et ne suis pas là pour blâmer personne car mon ex était quand même une nana d’une infinie gentillesse il faut bien le reconnaître. Et la séparation s’était faite d’un commun accord car il s’était avéré qu’il valait mieux pour les deux qu’il en soit ainsi.

Donc sitôt ce fait d’armes réalisé que fut tout déballer à mes paternels, j’ai pu me sentir plus apaisé-e. Désormais pour moi vivre comme je le souhaitais me paraissait infiniment plus facile, et surtout bien moins angoissant. J’avais coupé le cordon il y a longtemps avec mes parents. Mais le fait de les mettre dans la confidence m’a paru alors un acte fort doublé d’une preuve d’amour réciproque. Rassuré-e d’avoir trouvé un équilibre entre franchise et assurance, une nouvelle ère m’ouvrait donc en grand ces portes.

Ma première sortie en boîte de nuit

Peu de temps après le coming out j’ai eu l’occasion de multiplier les sorties avec mon carnet d’adresses avec lequel je commençais à faire également une mise à jour sur ce sujet. Une amie de longue date m’avait proposé une sortie en boîte et c’est ainsi que je fis cette expérience.

N’ayant à l’époque peu de modèles de chaussures et encore moins avec lesquels je me sentais bien, je me suis donc tout naturellement tournée vers ces bottes hautes qui me procuraient à la fois une certaine hauteur supplémentaire et une relative assurance de protection.

Je ne sais pas pourquoi mais ma conscience naturellement craintive liée à un imaginaire des plus féconds me recommandaient de mettre des bottes pour une sortie de ce calibre. Ce n’était en effet pas une simple balade de quartier comme j’avais l’habitude d’en faire depuis fort longtemps (et fort discrètement). Je m’étais convaincue moi-même que la situation pouvait à un moment donné prendre une mauvaise tournure.

Un effet psychologique

Les cas d’altercations et de rixes peuvent vite arriver en discothèque. Ce n’est pas pour rien qu’un service d’ordre sérieux y est présent. Je me suis donc dit que si ça tournait mal je n’aurais pas trop à craindre pour mes tibias et mes mollets, la botte étant haute et protégeant efficacement ces parties de mes gambettes… En même temps ce n’est pas une simple enveloppe de simili cuir qui arrête les coups sur des jambes mais l’effet psychologique de porter un tel modèle me mettait en confiance.

A la finale comme dit souvent l’amie en question je n’ai jamais eu à me battre ce soir-là ni un autre d’ailleurs. Ou tout du moins pas encore !

Dernière chose : c’est aussi le jour où j’ai bien noté dans un petit coin de ma tête qu’il faut aussi se prévoir dans la mesure du possible une seconde paire de chaussures moins hautes après une telle soirée ! J’aurai donné n’importe quoi pour avoir des ballerines ce petit matin-là !

E D I T H D E N A N T E S

(Ne Pas) Marcher à l’ombre

Petite réflexion personnelle…

Combien de fois ça m’est arrivé ? C’est impossible à calculer comme cela. Autant compter les feuilles dans un arbre. C’est une image que j’aime bien reprendre dans pas mal de propos, articles, etc. pour illustrer au mieux avec très peu de mots une image forte. Bien heureusement désormais je n’ai plus à raser les murs pour rester dans l’ombre.

Une petite explication linguistique

Lorsque l’on dit marcher à l’ombre on parle de quoi en fait ? Alors non il ne s’agit pas du film Marche à l’Ombre de Michel Blanc de 1984 ni de la chanson de Renaud de 1980…

Marcher à l’ombre est une expression qui désigne le fait de vouloir avancer tout en se cachant. C’est aussi curieux que cela se pratique facilement. En effet ce n’est guère compliqué. Il vous suffit de marcher discrètement sans qu’on vous remarque, en général de nuit par exemple.

C’est vraiment curieux. Cela me fait penser à moi il y a quelques années où la solitude et la pénombre étaient mes meilleures alliées. Parce que oui c’est cela qui constitue la fameuse ombre qui peut protéger autant qu’elle peut enfermer.

Des phases de rodage

Quand on pratique comme moi le travestissement en dehors de la sécurité de son salon, il est évident que les nombreuses premières fois ne sont pas forcément des parties de plaisir. Le danger règne ici-bas partout. Tout devient potentiellement une source de danger.

On n’a pas envie de se faire surprendre. Le côté interdit, l’aspect honteux, la réputation à protéger, etc. C’est normal autant que c’est frustrant. Quand un travesti éprouve le besoin de sortir de chez lui, il a besoin d’optimiser ses chances pour éviter tout type de désagrément fortuit qui pourrait lui être fatal. Faire une mauvaise rencontre ou tout simplement être vu de loin constituent des craintes qui peuvent tour à tour paralyser et abandonner toute envie de nouvelle expérience.

Qui plus est pas la peine de vous faire un dessin pour l’ensemble de mes consoeurs qui vivent dans des coins dits « à risques » : le travestissement que personnellement je pratique est impensable dans certains quartiers de grandes villes ou dans certains coins trop reculés de rase campagne. L’enfer c’est les autres comme disait Sartre.

Sortir de l’ombre

Je n’ai pas de solution miracle à proposer à mes consoeurs ou même à toute personne un brin originale par son physique et/ou son accoutrement. Pour sortir de l’ombre il n’y a peut-être que deux solutions qui peuvent fonctionner tout en se complétant : le mental et l’expérience.

Sans un puissant mental pas d’expérience possible. Et sans expérience le mental ne se renforcera pas. Donc pour évoluer il faut d’abord travailler sur soi, raisonner différemment pour pouvoir ensuite se donner les moyens de pouvoir vivre comme on le souhaite.

Viendra ensuite l’expérience. Car c’est en multipliant les sorties dans la lumière que l’espoir de pouvoir s’affranchir de l’ombre pourra se concrétiser de façon plus perceptible. Ce ne sera pas forcément une partie de plaisir. Mais c’est tout sauf impossible non plus. La vérité est quelque part au milieu. Mais on peut y arriver.

C’est là tout le mâle que je vous souhaite. Good Night. And Good Luck.

Réagir dans l’Instant

Une réflexion sur le fait de réagir par impulsivité suite à une moquerie.

Lorsque l’on est sujet à moquerie il y a toujours un bref laps de temps très furtif qu’il faut savoir capter et plus important, maîtriser. Comment en effet ne pas se laisser aller à l’emportement le plus soudain lorsque votre égo et votre honneur sont en jeu ?

C’est tout sauf simple. Deux visions des choses s’opposent : faut-il ne rien dire ou faut-il répliquer ? Faut-il dans ce second cas le faire avec force ou en finesse ? Faut-il aller sur le même terrain que votre ennemi ou faut-il le dérouter en l’emmenant sur le vôtre ? Et plus grave : pendant que vous vous posez toutes ces questions, il est probable que la situation vous échappe déjà.

Etre original.e c’est pas un sacerdoce

Que vous soyez une personne un brin originale qui attire les regards comme moi ou non, avouez que c’est toujours agaçant lorsque vous êtes sujet à moquerie. Même en ayant le meilleur mental possible, même en étant quelqu’un de calme et apaisé, même en relativisant les faits en vous disant que votre adversaire est plus bête que vous, il y a parfois rien à faire. Cela ne peut vous laisser tout à fait indifférent.e.

Cela est d’autant plus frustrant lorsque bien évidemment cela vous arrive par surprise. On ne s’attend jamais complètement à subir une agression. Quelle qu’elle soit. Alors dans le cas d’une moquerie c’est évidemment moins grave qu’une violence physique puisque l’on ne risque normalement pas d’avoir de séquelles corporelles. Mais cela ne veut pas dire que le mal en est moins fort. Les mots peuvent bien plus blesser que les coups.

Des réactions prévisibles

Autre possibilité pour mieux gérer la situation : lorsque cette dernière est prévisible. En tant que travesti qui s’assume et qui peut se balader (à peu près) où bon lui semble, il est évident que de temps en temps je m’expose au feu de petits mots pas très cordiaux et relativement détestables d’individus qui le sont tout autant. Ce sont ces derniers qu’il faut savoir repérer avant d’être vu.e.

Par exemple lorsque je fais une sortie je fais toujours attention à tout un tas de choses. Les endroits où je vais, mes arrières, les gens que je croise, les voitures qui passent à mon niveau, les gens dans les files d’attentes, etc.

Minimiser les conflits

Lorsque je suis avec quelqu’un d’autre je relâche un peu en vigilance car j’estime qu’au sein d’un groupe il existe une sorte de bienveillance mutuelle (quelqu’un qui regarde toujours ce qui se passe un peu plus loin, un.e autre qui ferme la marche, etc.). Mais pour avoir la paix il faut quand même faire gaffe à pas mal de trucs. Pour des personnes comme moi cela limite la multiplication de situations compliquées (à défaut de ne plus en rencontrer).

Alors oui vous me direz que vivre ainsi ce n’est pas vraiment vivre. Passer sa vie à surveiller tout ce qui se passe et appréhender en permanence la prochaine altercation n’est pas conçu pour tout le monde. Et surtout pas pour les petits cœurs fragiles si vous avez tendance à trop verser dans l’émotion et/ou si vous êtes cardiaque.

A cela je dis tout simplement non. Car vivre de la sorte ce n’est pas vivre. Donc je vis quand même en dépit de certaines contrariétés prévisibles. Et vivre c’est foutrement bien plus important que quelques sarcasmes de personnes crasses qui vous entourent. 

→ Un petit lien instructif
https://fr.wikipedia.org/wiki/Impulsivité

→ Vidéo “Les Ennemis du Travesti #01 : Les Moqueurs”
https://www.youtube.com/watch?v=1MtwJLXAx3c

Les gens qui parlent fort

Le coup de gueule du jour : les gens qui parlent fort.

C’est tout de même incroyable. Personnellement ça ne me viendrait pas à l’idée. Quel que soit l’endroit ou la situation. Sauf en étant un peu dans un état second après avoir abusé de certains breuvages et/ou dans une boîte de nuit où il faut nécessairement parler fort pour pouvoir s’entendre.

On en croise souvent

Vous en avez déjà certainement croisé. Vous en croisez régulièrement. On en croise tellement. Je parle ici d’une catégorie de personnes qui ne peuvent s’empêcher de faire quelque chose que je trouve particulièrement horripilant : les gens qui parlent fort.

Ces derniers le font pour tout un tas de raisons dans de très nombreuses circonstances. Et la plupart du temps ils le font sans s’en rende compte. Mais parfois aussi ils pratiquent cet étrange art en toute connaissance de cause.

D’où vient cette insupportable manie qu’ont les gens de parler fort ? Le plus frappant dans l’histoire c’est que ces mêmes personnes ne se rendent pas compte qu’elles sont dans une forme d’excès qui peut en dérouter plus d’un(e). Cela fait partie de ces petites choses que l’on fait inconsciemment parce qu’ancrées dans notre comportement quotidien usuel. Et qui peuvent s’avérer désastreuses dans les relations sociales.

D’une culture à l’autre

Cela diffère d’ailleurs fortement d’une culture à l’autre aussi. Cela peut en effet être interprété de façon très différente. Si dans certains pays tout le monde parle fort, il en est d’autres où cela n’est pas le cas et peut être très mal vu. Et cela ne se cantonne pas qu’au gag du “parler trop fort”.

Savez-vous par exemple que dans certaines cultures on ne croise jamais les jambes lorsque l’on discute assis(e) ? Cela est considéré comme une marque d’irrespect. De même que l’on n’offre jamais des fleurs en nombre pair dans d’autres contrées. Et bien le gag de la voix trop forte c’est un peu la même chose.

Il n’empêche…

On ne m’otera pas de l’idée que c’est tout de même un peu étrange comme comportement. Est-ce pour masquer un manque de confiance en soi? Ou pour montrer qu’on existe? Ou encore pour faire le coq et en imposer aux autres?

C’est encore plus perturbant quand il y a effet de surprise. Prenons l’exemple classique de quelqu’un qui téléphone dans la rue. Vous avez sans doute déjà vécu la scène : tout d’un coup vous sursautez car on vient de vous interpeler sans que vous vous y attendiez. Mais en fait il s’agit d’un début de conversation téléphonique d’une personne qui parle fort avec une autre. La brusquerie nonchalante de ladite personne mélangée à une certaine volonté de bien affirmer sa présence est quelque chose d’assez édifiant en fait.

Et que dire de toutes celles et ceux qui abusent de cela dans les transports en commun ? Dans une rame de métro ça peut encore passer : dans certains cas le bruit des wagons sur les rails couvre les conversations. Mais lorsque l’on est dans un train par exemple et que l’ambiance est plutôt calme ? Non il n’y a rien à faire : des fois je ne comprends décidément pas l’être humain.

Que faire si c’est un.e proche?

On peut néanmoins limiter un peu la casse lorsque les gens se connaissent. En effet les voix qui portent sont fréquentes dans les espaces publics tels que la rue. Et elles proviennent de personnes que l’on ne connait pas pour la plupart du temps…

Lorsque les gens se connaissent donc c’est tout de même plus facile à gérer. Parce qu’on sait que la personne est comme cela et qu’elle sait aussi se modérer logiquement par elle-même. Et qu’il est toujours plus facile de dire poliment à celle-ci de baisser un peu le volume sans qu’elle s’en offusque trop.

Enfin normalement.

E D I T H D E N A N T E S

Adieu M. Le Président

Jacques Chirac [1932-2019].

La disparition de Jacques Chirac en ce mois de septembre 2019, ses funérailles infiniment touchantes et les cérémonies d’hommage de la Nation qui s’ensuivirent font partie de ces instants rares qu’il faut souligner. Par son caractère d’union nationale bien entendu mais aussi par le ressenti que chacun et chacune a pu avoir suite à ces événements.

Pour ma part je ne pensais pas que cela me ferait autant d’effet. Lors des funérailles retransmises en direct, j’ai pleuré à chaudes larmes comme s’il s’agissait d’un proche immédiat. Comme beaucoup de nos compatriotes, il était un peu plus qu’un ancien Président à mes yeux : il était une figure familière incroyablement sympathique.

Un tiers de ma vie

C’est en me remémorant quelques souvenirs qui se bousculaient dans mon esprit que le calcul suivant m’apparut. Jacques Chirac a été élu au pouvoir suprême de la présidence de la République lorsque j’avais 12 ans. Il a quitté ses fonctions présidentielles lorsque j’en avais 24. Il est décédé cette année où j’en ai 36.

A ce jour où il nous quitte et à l’heure où j’écris ces quelques lignes il aura donc été mon président de la République pendant tout le deuxième tiers de ma vie. Et quelle période ! Les premiers amours, les premiers gros excès, un sacré paquet de fous rires et une quantité innombrable de bons souvenirs.

Et puis pour autant parler de mon propre ressenti : que dire de tout ce qui était antérieur à son passage à l’Elysée ? Car il était déjà ancré dans la société française bien avant ses deux mandats présidentiels. Et c’est là que je me suis souvenu qu’il y a quelques mois de cela d’un heureux hasard.

Un livre sur Jacques Chirac

J’avais récupéré un livre sur lui par le biais de mes parents qui eux-mêmes l’avaient eu de la part d’une amie. Il s’agit d’un pavé qui s’apparente à une biographie de sa vie et qui se concentre surtout sur sa seconde campagne présidentielle de 1988. Ces chroniques sont intitulées “Jacques Chirac – Une Passion Pour La France“. J’ai vérifié : on peut les trouver en ligne sur quelques sites marchands (un lien est disponible en fin d’article).

L’ouvrage est très plaisant à lire dans son ensemble même si on est clairement moins dans la biographie objective que dans l’outil promotionnel pour soutenir sa campagne d’alors. Il y a en effet un côté un peu grandiloquent dans les descriptions des très nombreuses photos qui constituent l’ouvrage. Si l’homme et ses actions sont bien valorisés, il se dégage avec le recul un côté un peu désuet mais qui paradoxalement en fait tout le charme.

Album photo de famille

Cela se savoure comme on se délecterait à feuilleter un album photo de famille. Ce livre est par ailleurs richement documenté et agrémenté de très nombreuses photographies d’époque. Certaines sont particulièrement savoureuses, tant par la chaleur communicative qui se dégage du personnage que par le contraste entre la société d’hier et celle d’aujourd’hui (mode des années 70 et 80, personnalités encore vivantes à l’époque aujourd’hui disparues, faits marquants de carrière, etc.).

Petite cerise sur le gâteau et qui fait son charme : l’exemplaire que je possède est dédicacé par Chichi himself. Et quelques photos argentiques d’un meeting à Nantes en mars 1988 étaient restées dans les pages. Tout cela contribue à en faire un livre de table basse qu’il fait bon de feuilleter une fois de temps en temps. Entre ça et avoir une page Wikipédia, il faut tout de même reconnaître que ça a de la gueule.

Je ne vais pas vous faire un article trop long ou trop déconstruit tant il y a à dire sur l’homme sous tous ses aspects. Le personnage en lui-même évidemment, son côté débonnaire et son incroyable joie de vivre communicative. Sur ses plus belles réalisations et succès mais aussi sur les erreurs et les drames qui ont ponctués sa vie. Certaines de ses erreurs ternissent un peu le tableau voire peuvent cliver de nos jours le ressenti final (les diverses “affaires” qui lui ont valu des poursuites judiciaires, quelques choix et propos maladroits, etc.).

Quelques mots du “Chi” pour conclure

J’ai rédigé cet article juste après avoir regardé attentivement les funérailles de Jacques Chirac. J’avoue être encore un peu dans l’émotion et la politique n’est pas mon fort. En tout cas pas aujourd’hui. Et pas sous forme de prose interminable sur cet espace.

Je termine donc en vous faisant partager quelques mots de cet homme d’exception datés du 24 novembre 1981 et qui fait office de conclusion dans le livre évoqué. Ces propos qui datent d’il y a près de quarante ans désormais résonnent encore de nos jours. On peut les méditer et ils pourront inspirer nombre de nos dirigeants contemporains :

Comprendre la France, c’est connaître son Histoire, c’est assimiler les cathédrales, la sagesse de Montaigne, la foi de Pascal, l’esprit de Voltaire, la musique de Hugo, cinq siècles de peinture et dix siècles de bataille. C’est reconnaître aussi qu’au-delà de brèves périodes de fièvre ou de fureur, il y a la permanence d’un peuple qui a su faire son chemin dans l’Histoire sur les voies de la raison et de la mesure, et qui ne s’est jamais égaré plus d’un moment sur les traverses incertaines“.

Adieu M. Le Président. Vous nous manquez déjà.

→ Biographie de Jacques Chirac
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Chirac

→ Christian Boyer et Jean-Pierre Betcher “Jacques Chirac – Une Passion Pour La France
https://fr.shopping.rakuten.com/s/jacques+chirac+une+passion+pour+la+france

L’agression de Julia

Une analyse sur la forme de l’affaire dite de l’agression de Julia [mars 2019]

2019 n’est pas encore finie mais un fait marquant aura marqué les esprits en début d’année : l’agression filmée de Julia, femme transgenre qui en marge d’une manifestation populaire à Paris s’est retrouvée bien malgré elle sous les feux de l’actualité.

Petit résumé des faits

Je résume rapidement les faits avant de passer à une analyse un peu plus transgressive. Sans jeu de mots. Transgenre/transgressive… j’aime bien cette expression.

Ce qui s’est passé ce soir de mars 2019 n’est ni plus ni moins qu’une agression transphobe subie par une femme transgenre (Julia) par toute une bande d’énergumènes mâles qui étaient là dans le cadre d’une manifestation contre l’exécutif de leur pays. Des Algériens qui manifestaient donc contre le pouvoir en place dans leur contrée. Par de malheureuses circonstances liées à une sombre conjoncture qui elle-même venait d’un très fâcheux hasard, il s’en est suivi l’épisode que l’on connait sous l’appellation “l’agression de Julia”.

Cet épisode déchaîna alors les passions : des réactions eurent lieu et furent particulièrement véhémentes en raison de l’origine ethnique desdits individus décrits plus hauts. Une quantité faramineuse de gens s’était alors empressée de dire qu’il fallait à tout prix ne pas fustiger le multiculturalisme et encore moins faire un quelconque amalgame au nom du sacro-saint “vivre ensemble”. Qui décidément a un peu de plomb dans l’aile avec les années qui passent, années qui se ressemblent voire qui empirent pour nombre de mes consœurs travestis ou femmes transgenres (ou tout autre personne à tendance LGBT réelle ou supposée on va dire). 

Analyse sur la forme

On va ici jeter un œil sur ces faits mais uniquement sur la forme. Le fond du problème je préfère le laisser aux expert.e.s de la question qui défilent sur les plateaux de télévision, de radios, etc. C’est vrai après tout : ils et elles s’y connaissent bien mieux que moi. Et comme je passe plus souvent mon temps à digérer qu’à réfléchir, il vaut mieux que je ne livre que la vision du problème vue de loin. Si je regarde de près cela risque de me troubler ma sieste et donc mon jugement. Ce n’est pas ce que vous voulez non ?

Donc voyons ces faits sur la forme. Qu’est-ce qui est si choquant dans cette affaire en réalité ?

Est-ce la violence de la situation ? Je ne parle pas arabe et j’en ignore donc ses nombreuses subtilités. Mais ces voix qui chantent à l’unisson ? Est-ce une mélodie destinée à railler quelqu’un sous une forme de moquerie matinée de haine déguisée ?

Est-ce le fait qu’à un moment dans la vidéo on voit une jeune femme (apparemment) Algérienne qui essaye de rassurer Julia ? Et qui prouve que la bêtise n’est décidément qu’un truc de mecs ?

Est-ce le fait que Julia se prend de la bière sur elle ? Ce qui est fort dérangeant lorsque l’on est bien apprétée et pas encline sur le moment à faire de même avec un autre comparse en état second ?

Est-ce parce que la même bière a été jetée par un individu dont les préceptes religieux en temps ordinaire déconseillent fortement la consommation de ce type de breuvage ? Cette dernière n’avait donc pas sa place dans un tel moment mon ami voyons…

Est-ce encore ces coups que lui porte un de ces hommes qui peut forcer les plus indécis d’entre nous à se dire que l’on n’est plus dans la sympathique moquerie mais bien dans la haine de l’autre ? Faut-il commencer à s’offusquer uniquement à partir de cette seconde-là ? Et pas celles d’avant ?

Est-ce le fait d’avoir filmé la scène de façon purement récréative (“je vais poster cela sur youTube et je vais avoir plein de vues“) ? Ou est-ce le fait d’avoir vraiment capté là quelque chose qui fera date ? Et d’en avoir pleinement conscience dans sa portée lors de ce tournage ?

Une situation bien évidemment isolée…

Enfin est-ce qu’une vidéo comme cela permet d’alerter ou de rassurer ? Parce que pour la majorité des personnes qui ne sont pas concernées, qui n’y connaissent rien et/ou que ça arrange, il est confortable de se dire que ce genre de scène est un acte purement isolé et qui n’arrive que dans des circonstances très fortuites. Elles-mêmes issues d’un fâcheux hasard…

Réveillez-vous. C’est ça le quotidien pour les gens comme moi et surtout pour les femmes transgenres comme Julia.

Inutile que je développe plus. Relisez attentivement chaque question que j’ai volontairement isolée en un seul paragraphe pour mieux démontrer l’absurdité des situations respectives et leur interprétation que l’on peut faire au premier abord.

Comme je dis souvent il y a du boulot.

E DI T H D E N A N T E S

Mes Escarpins rennais

Dans cette série d’articles sur ma collection de chaussures (que l’on peut en partie apercevoir dans certaines vidéos de la chaîne youTube), je vous narre l’historique d’une paire en particulier, le contexte de l’époque où j’en ai fait l’acquisition ainsi que quelques anecdotes que je vous laisse apprécier.

Pourquoi de Rennes?

Curieuse histoire que cette paire de chaussures qui reste des années après à la fois un modèle que j’utilise souvent et une relique d’une époque passée. Pourquoi de Rennes? Tout simplement parce que c’est dans cette ville que je les avait achetés. Vous allez me dire que c’est bien beau tout cela mais attendez donc de voir la suite. Car si en apparence ce sujet a l’air un brin futile, il s’agit en fait d’un pan entier de ma vie que je vais vous narrer là.

Il faut savoir que lorsque je les ai acquis c’était en présence de mon ex. Cette dernière n’y trouvait pas grand-chose à redire car elle connaissait mon penchant pour le travestissement et ce dès le début de notre rencontre trois ans auparavant.

Il faut remettre les choses dans leur contexte. Lorsque mon dévolu s’est jeté sur cette paire-ci, je n’avais pas encore fait de coming out sur ma transidentité, je ne m’assumais pas en sortant en femme dans la rue, masquant mon visage derrière un large cache col et enfin et surtout j’étais encore avec une ex. Cette dernière était néanmoins tout à fait au courant de mes petites passions inavouables.

Une période trouble

Nous sommes restés ensemble presque quatre ans et je lui avais parlé de mes goûts pour le travestissement au bout de deux mois de relation ce qui est plutôt honnête. En revanche j’ai été bloqué d’un point sexuel pendant presque toute notre relation. Oui aussi étonnant que cela paraisse je n’étais pas capable de lui faire l’amour. Inutile de vous faire un dessin. Période trouble je vous dis.

Par la suite peu de temps après ma rupture (pour un motif autre que mon travestissement) et mon coming out (qui est intervenu le lendemain par un beau jour d’avril), j’ai rencontré une fille très bien. Avec qui à ma plus grande surprise ça l’a fait.

Avec le recul je pense que ça fonctionnait mieux grâce au simple fait que je sois désormais plus en phase avec moi-même et les autres. Cela fait d’ailleurs un bien fou de savoir que l’on n’est finalement pas si anormal(e) que cela. Sans rire juste avant que tout cela n’arrive je pensais vraiment être condamné à ne plus avoir de relations sexuelles avec une femme.

Le gag du club échangiste

La première fois que j’ai tenté une sortie en femme dans un bar c’était ni plus ni moins que dans une boîte échangiste. Et c’était également avec cette paire-là. Ah oui mon ex était aussi au courant et n’en voulais pas. Après vous me croirez ou pas mais si je souhaitais aller dans ce genre d’endroit c’était uniquement pour pouvoir m’y poser tranquillement sans me faire emmerder par des gens qui se moquent de tout ce qui ne rentre pas dans la norme. Ce n’était que pour cela. Rien d’autre.

Avec les années je me dis que toute cette époque était quand même un peu dingue. Une grande année en somme. Et cette paire de talons en est un des rares témoins.

Dans mon prochain article consacré à ma collection de chaussures je vous parlerai de ma paire de bottes qui m’a servi lors de ma première soirée en boîte de nuit. Là aussi c’est assez rock and roll.

E D I T H D E N A N T E S

Homophobie dans les stades

Article sur les dérives homophobes dans les stades français depuis 2019… mais aussi avant.

S’il est bien un sport où il existe encore un véritable tabou c’est bien dans le foot. Oh bien sûr on peut dire cela aussi d’autres grands sports collectifs tel que le rugby ou le basket mais avec le foot on atteint quand même des sommets.

L’actualité en ce mois de septembre 2019 est tout particulièrement chargée de ce côté-là. Il s’agit de banderoles déployées par des groupes de supporters (qui n’ont de supporters que le nom) qui ont mis le feu aux poudres. Les faits se sont déroulés lors de plusieurs rencontres du championnat de Ligue 1 de football en France.

Cela ne passe pas trop

L’homosexualité est quelque chose qui ne passe pas chez les adeptes du ballon rond. Ou tout du moins parmi les supporters. Les professionnels du métier (joueurs, entraîneurs, encadrement, dirigeants, etc.) semblent avoir un discours uni pour condamner avec la plus grande fermeté toute marque d’homophobie avérée dans les stades.

Depuis quelques temps déjà une campagne d’information avait été faite. Visiblement cela n’a pas été efficace partout. Cela n’excuse rien mais en même temps ce n’est pas la première fois que des supporters font le coup d’exciter leur adversaire. Car ce type d’action est un artifice parmi d’autres pour intimider l’équipe adverse.

Ces banderoles là sont souvent été vus dans des stades, mises en place par des spectateurs dits ultras c’est-à-dire. Cela remonte un peu mais je ne peux m’empêcher de repenser à l’affaire de la banderole anti-chtis lors du match Paris Saint Germain – Lens en 2008. On pouvait y lire des insultes particulièrement virulentes de la part des Parisiens contre les Lensois. La même année il y avait eu une autre banderole qui avait fait polémique du côté de Bastia et là encore la gaudriole était au rendez-vous. 

Une décision inédite

En réaction au déploiement des banderoles homophobes pendant les matchs, certains arbitres ont opté pour une solution jusqu’ici inédite : stopper le match pendant plusieurs minutes pour indiquer que de tels actes sont contraires à tout esprit sportif. Et que cette prose détestable est condamnable au titre de son caractère particulièrement injurieux et discriminatoire.

Survint alors immédiatement le débat pour déterminer s’il devient nécessaire ou non d’arrêter un match à chaque fois qu’une situation de la sorte apparait. Certains et certaines vont jusqu’à demander l’annulation pure et simple du match. Etant donné qu’il s’agit d’un championnat, les points iraient donc logiquement à l’équipe adverse à celle dont les supporters ont déconné… Et si c’est un match de coupe, ce sera la même sentence : défaite et élimination immédiate de l’équipe qui ne sait pas tenir ses aficionados.

Normal ailleurs… ou non

Bon tout n’est pas si simple. Si la situation perdure dans les semaines qui viennent cela risque de créer un joli bazar comme cette société sait typiquement les produire lorsque personne ne sait prendre à temps les décisions qui s’imposent.

C’est dommage d’en arriver là mais la source du problème est bien connue : si dans ce milieu l’homosexualité était quelque chose d’aussi normal qu’ailleurs… En même temps quand je dis ailleurs on est loin du compte parce qu’il n’y a pas que dans le sport que c’est compliqué.

Bref y’à du boulot. Surtout quand certaines voix tentent de légitimer la chose en disant que cela fait partie intégrante de la culture footballistique. Si mon équipe perd des points pour comportement outrancier, au moins je pourrais me dire qu’on ne les a pas volés. Enfin non puisqu’on les a perdus. Bon vous aurez compris.

E D I T H D E N A N T E S

→ Article “20 Minutes” du 20/04/2015
https://www.20minutes.fr/sport/1591011-20150420-ligue-1-top-6-banderoles-fait-polemique

Les Fantômes du Passé

Article sur un passé un brin trouble que désormais s’assume. Rien de voyeuriste, juste un brin d’introspection.

On a souvent des surprises dans la vie. Comme par exemple quand on vous interpelle en vous rappelant les errances d’un passé un brin embarrassant…

Avant d’être la personne épanouie que je suis actuellement il y a eu beaucoup d’eau qui a coulé sous les ponts. Et il est probable que tout cela ne soit encore qu’un début. Qui peut le dire ? A l’heure où j’écris ces lignes je n’ai que 36 ans. J’ai encore du temps.

Une mise en place progressive

Il n’est pas rare que tout se mette en place lentement dans la vie. C’est en général de la sorte que se construisent les grandes choses. Rome ne s’est pas faite en un jour. On ne peut pas brûler les étapes lorsque l’on recherche le bien-être et l’épanouissement de soi. On ne le décrète pas comme cela d’un claquement de doigts au hasard d’un caprice ou d’une envie passagère.

Avec le temps certains souvenirs reviennent toujours inexorablement. Tels des fantômes en errance au fin fond de l’âme, ces souvenirs d’un passé pas si lointain que cela ont tendance à se mélanger avec tous les autres souvenirs. A tel point qu’un jour on ne sait plus si on a vraiment vécu ou simplement rêvé ces événements.

Le chemin pour y arriver est long et se fait de façon progressive. Il est semé d’embûches et de pièges plus ou moins sournois dont on peut ne pas toujours se relever. Lesdits pièges ne sont d’ailleurs pas toujours issus d’une provenance tierce à soi, mais bien au contraire ce sont des situations dans lesquels on s’est fourré(e) dedans tout(e) seul(e).

Pas (trop) de place à l’erreur

Dans ces moments là il existe une maladresse assez fréquente qui est l’art de vouloir tout tester, tenter, ressentir, vibrer, etc. Cela vous pousse plus ou moins inconsciemment à aller dans des endroits où vous n’auriez jamais été, faire des choses qui vous auraient paru impensables et surtout vous pouvez vous retrouvez dans des situations un brin embarrassantes pour votre égo et/ou votre honneur.

Il faut toujours néanmoins agir avec prudence car sinon cela revient à travailler sans filet pour un acrobate. Par exemple j’ai personnellement toujours fait très attention à ma petite personne lorsque je pratiquais mes petites expéditions (pour la plupart nocturnes) où je réalisais mes premières “sorties” en tant que travesti.

Ah oui sachez par avance que la personne qui écrit ces quelques lignes en connait un rayon : que de sorties dites “exotiques” j’ai pratiqué à moultes reprises… Notamment depuis que j’ai été en âge de conduire un véhicule et de pouvoir me poser dans un endroit au calme loin de la civilisation (et surtout de son indiscrétion et autres vis-à-vis).

Des gestes de crime parfait

Par la pratique du travestissement on a tendance à s’inventer une seconde identité. Lorsque cela est caché et non assumé, on multiplie alors les actes qui dans les premiers temps vous paraîtront plus ressembler à des gestes de crime parfait qu’à de simples actes quotidiens. En effet il faut toujours veiller à ne pas se faire prendre et à ne laisser aucune trace, aucun indice, etc.

Voler du maquillage à sa mère, “emprunter” un bijou à une cousine, cacher sa vrai nature à vos amis, planquer ses petites affaires pour ne pas que sa partenaire ne les trouve, ne pas dire ce que l’on a fait de sa soirée la veille à ses proches…

Oui je le dis sans fard et sans retenue : j’ai déjà commis tous ces petits comportements. Je n’en éprouve avec le recul ni honte ni déshonneur. J’ai juste eu une faiblesse particulière que je ne vais nullement tenter ici de justifier. J’aimais me travestir et cela me souvent forcé à vivre des choses d’une façon un brin plus rock and roll que la majorité de mes contemporains….

Des passions inavouables

Autrefois réservées à des cercles d’initiés plus ou moins avertis, je me suis longtemps adonnée à des plaisirs qui sortent un peu des codes de la sexualité dite classique (bondage notamment ainsi qu’une grande attirance pour certaines matières moulantes et luisantes). Inutile de vous faire un dessin je vous laisse imaginer ce que bon vous semble.

J’ai toujours pratiqué cela dans le plus grand respect de mes partenaires éventuels et en faisant tout pour éviter de tomber dans une caricature encore aujourd’hui largement fantasmée par le grand public. Cela aussi ça mérite un autre article un brin plus poussé…

Si c’était à refaire je le referai (à l’époque)

Les fantômes du passé vous rattrapent tôt ou tard. D’autant plus que la conscience et les remords s’en mêlent. Tout cela hante l’esprit de la personne qui ne s’assume pas mais aussi celle qui (comme moi) a pu dépasser certaines limites de l’esprit pour voir un peu plus loin. Pour l’instant ça me réussi pas trop mal.

Après coup et comme pour tant d’autres choses il est facile de rajouter des “si” à droite à gauche. Et “si” j’avais fait cela, et “si” je n’avais pas fait cela, et “si” j’avais plutôt agi de la sorte, etc. Qu’importe les choses sont faites vous ne referez pas l’histoire éternellement. Replacées dans leur contexte les décisions qui ont été prises à ces époques n’en deviennent que plus compréhensibles.

Réfléchissez-y un bref instant : à ma place auriez-vous agi autrement ? Si c’était à refaire je pense bien que je le referai. En tout cas à cette époque-là !

J’ai fait pas mal de choses bizarroïdes dans ma vie dont certaines qui sont liées de près ou de loin à mon travestissement que j’assume pleinement aujourd’hui. Rien qui n’a en revanche porté préjudice à quelqu’un au point de mettre cette personne dans un état de souffrance indicible et irrémédiable.

Le jour où on me volera mes culottes…

Parfois il m’arrive de me dire que la boucle sera définitivement bouclée. Un exemple qui résume un peu tout me vient souvent à l’esprit : ce sera le jour où on me volera mes culottes, soutien-gorges et autres collants en train de sécher sur ma terrasse !

Peu importe la motivation de la personne (fétichiste amateur, pervers invétéré ou tout simplement travesti occasionnel). Le mâle sera passé par là ! Je pourrais alors me dire que moi aussi je subirai un truc que seule une nana pourrait connaître un jour !

Ce sera à mon tour de vivre une situation rocambolesque que je n’aurai pu concevoir. Du moins à l’époque de mon passé lointain où je me cherchais.

Moi aussi.

E DI T H D E N A N T E S