Africanism [2000]

Un remarquable projet de la French Touch aujourd’hui un peu passé à la trappe mais qu’il faut d’urgence redécouvrir !

Un son tribal

Africanism est marqué par les sonorités du plus vieux continent du monde. Inutile de vous préciser lequel le spoil est déjà assez évident rien qu’avec son titre.

Ce projet s’inscrit dans le cadre de la réunion pour l’occasion d’une bande de potes tous aussi talentueux que gentiment débridés. Ce collectif appelé Africanism All Stars comptait alors dans ses rangs quelques-uns des meilleurs éléments du courant musical que l’on appelait la French Touch.

Cette dernière est apparue dans les années 90 et se caractérisait par les productions d’artistes notables dans les étendards étaient Laurent Garnier (Shot In The Dark), Daft Punk (Homework), Air (Moon Safari) et Cassius (1999).

Une sono internationale

On trouve “Bisou Sucré” et “Kazet“, deux titres de Bob Sinclar alors dans sa meilleure partie de carrière (Champs Elysées sorti l’année d’avant est son meilleur disque). “Block Party” et “Tourment d’Amour” sont des petites perles de DJ Gregory alias Grégory Darsa.

Il y a aussi la version complétement reconstruite d’un titre de Cerrone (influence majeure de la French Touch) intitulée “Love Is The Answer” et finement remixée ici par Liquid People.

Ces derniers sont aussi responsables de “The Dragon“, redoutable morceau où les percussions sont largement mises à l’honneur. Sur “Trompeta Alegre” l’instrument en question se lance dans un remarquable solo qui fait le pont entre Afrique et Amérique latine. Ce dernier titre quant à lui est l’œuvre de DJ Rafael “DJ Lego” Rodriguez (oui c’est un nom à rallonge mais le talent lui est bien certain).

Seconde partie qui monte crescendo

Une ambiance un peu plus psyché (limite mystique) se dégage particulièrement dans la seconde moitié du disque avec des titres comme “Call It Jungle Jazz” ou “Zulu’s” qui clôt le mix.

Et puis il y a le génialissime “Edony (Clap Your Hands)” de Martin Solveig qui obtenait là son premier grand succès international et ce bien avant les “C’est La Vie“, “Hello” et autres “Intoxicated” (on est en 2000 on le rappelle). “Edony “qui est à l’origine un titre faussement acoustique est donc ici présent sous sa forme remix club. Succès hexagonal et pas mal vendu à l’exportation, c’est ce titre qui a fait le bonheur de très nombreux DJ qui ont pu faire danser autant d’innombrables foules par la suite.  

Un mix diabolique

Pour finir il faut tirer le chapeau à Sinclar d’avoir su parfaitement mettre en valeur un choix de musiques cohérentes de toute cette bande de joyeux drilles dans un mix d’un peu plus d’une heure et dix minutes qui renverse tout sur son passage.

Finement mixés, la quinzaine de titres qui composent ce set forme une sorte de paysage sonore des plus communicatifs et des plus relevés. Parfait pour vos soirées endiablées avec une foule de personnes plus ou moins adeptes de clubbing ou pour un long trajet seul.e sur autoroute.

Trois suites viendront (Africanism Volume 2, 3 & 4). Malgré une qualité correcte elles seront un peu moins inspirées car l’authentique French Touch se diluera dans les années 2000 pour évoluer vers d’autres horizons musicaux, quitte à perdre radicalement l’essence même de ce qui a longtemps fait son charme. Mais avec ce premier volume d’Africanism, vous en aurez largement pour vos frais !

Comme dans “Edony“, vous pouvez applaudir avec vos mains.

→ Lien Wikipédia (en anglais)
https://en.wikipedia.org/wiki/Africanism_All_Stars

Michael Jackson “Off The Wall” [1979]

Premier vrai album solo du Michael Jackson adulte (il avait vingt ans lors de l’écriture et l’enregistrement du disque), Off The Wall est une perle. Il précède de trois ans l’autre sommet Thriller qui battra tous les records de vente et qui reste encore aujourd’hui inégalé.

Deux chefs d’oeuvres

Ces deux albums sont considérés à juste titre comme les deux joyaux de la discographie du Roi de la Pop. Mais le second a eu tendance avec les années à éclipser le premier. Off The Wal a eu en effet un succès moindre : 3 singles radio contre 7 et une seule récompense prestigieuse contre 8 (un Grammy Award pour le meilleur son). Mais il n’en pas moins intéressant pour autant.

Epaulé par Quincy Jones à la production avec qui il ouvre une trilogie d’albums légendaires qui se clôturera en 1987 avec Bad, Off The Wall est bien plus qu’une simple répétition avant le carton de son illustre successeur. L’album possède des qualités remarquables à tous niveaux (écriture, composition, arrangements et personnel présent).

Merci Quincy, Merci Rod

Parmi ce dernier on trouve pêle-mêle Quincy Jones à la baguette bien entendu mais aussi les Brothers Johnson, bassiste et guitariste sur la majorité des morceaux, Paul Mc Cartney qui compose un titre (“Girlfriend“) et surtout Rod Temperton qui lui en compose trois (“Rock With You“, le morceau titre et “Burn This Disco Out“). Pour info le même Temperton est un compositeur hors pair qui (entre autres standards internationaux ) sera déjà responsable l’année suivante du Give Me The Night de George Benson. Il écrira un autre petit titre de Jackson intitulé… “Thriller“.

L’album s’ouvre par le classique “Don’t Stop ‘til You Get Enough” (compo de Jackson) standard de funk brillamment arrangé par la patte de Quincy Jones qui met en valeur la voix de Michael sur fond d’arrangements de cordes millimétrés. Le disque est ensuite traversé de titres rythmiques encore plus rapides (“Workin’ Day and Night” et “Get On The Floor” sont des musts) ou de ballades sirupeuses telles que la délicieuse “Girlfriend“, le poignant “She’s Out Of My Life” et “I Can’t Help It” de Stevie Wonder.

Rock With You

Et puis il y a ce qui est probablement le meilleur titre du Jackson de la grande époque de la fin des années 70 : “Rock With You“. Je vous mets à la fin de cet article un lien vers une vidéo youTube d’une version longue de ce titre. Cette version avec une intro rallongée touche au divin. N’hésitez pas à m’en faire un retour dans vos commentaires.

A l’image de ce titre, on trouve sur Off The Wall tout ce qui fait le charme de Jackson comme les fans de base ou les simples amateurs l’ont toujours apprécié : il est tout jeune, sa voix est sensuelle, sa musique géniale. Il n’est pas encore trop malmené par l’argent qui coulera à flots après et surtout par les sombres affaires qui défrayeront la chronique dans les années à venir…

En dépit des énièmes rebondissements et dossiers qui ressortent régulièrement dans l’actualité et ce plus de dix ans après sa disparition précoce, on ne peut nier à cet artiste exceptionnel au talent indéniable la qualité d’Off The Wall qui restera une de ses toutes meilleures œuvres.

La suite sera différente

Par la suite la carrière de Jackson sera jalonnée de productions un peu moins inspirées (la redondance de certains titres de Dangerous) et surtout de projets plus anecdotiques comme Invincible par exemple. A nuancer néanmoins : avec les années l’album connait un regain d’intérêt de la part des fans et des professionnels du métier.

Pour finir il est grand temps pour vous de redécouvrir Off The Wall si vous pensez que Jackson n’avait commencé à cartonner qu’avec des “Billie Jean” ou des “Beat It“. Pour ne pas vous retrouver un jour au pied du mur tout simplement.

→ Lien Wikipédia sur Michael Jackson
https://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Jackson

→ Site officiel
https://www.michaeljackson.com/fr/

→ Vidéo youTube « Rock With You » [The Reflex Revision]
https://www.youtube.com/watch?v=BZxA6fHnnpU

“Piège de Cristal” [1988]

Premier volet de la série des films d’action à succès Die Hard et datant maintenant de trente ans, Pièce de Cristal n’en reste pas moins un pur plaisir jubilatoire lors de son visionnage.

Une masterclass de John Mc Tiernan

J’ai eu l’occasion de revoir ce film il y a peu et cela m’a remémoré une expérience vécue il y a quelques années de cela. C’était au festival Summer Camp de Nantes en 2016 : le réalisateur John Mc Tiernan avait été invité à l’occasion d’une masterclass où il faisait une présentation de son film dans le cadre de sa projection le soir même.

Cela m’avait permis de le voir sous un autre jour grâce à cette séquence. Et de vous narrer cela aujourd’hui dans ce petit papier que je ferai comme d’habitude quand j’écris un article : pas trop long et si possible percutant à point. Comme l’est Piège de Cristal.

Un film d’action qui prend le temps

Ce film a une particularité qui est devenue rare voire inexistante dans le cinéma d’action actuel : c’est son rythme. Ce dernier est en effet particulièrement bien dosé, l’intrigue ne se mettant en place que tout doucement et le déroulement du premier tiers est assez lent. Mais pas long. Nuance !

Avant que des films des années 90 comme Bad Boys ou The Rock de Michael Bay viennent définitivement mettre le film d’action hollywoodien typique sur des rythmes ultra rapides, ce premier volet de Die Hard est un sommet du genre car bien moins hystérique que les productions actuelles. Et surtout bien plus second degré dans un grand nombre de séquences qui mises bout à bout ont contribué à en faire un film culte.

On y trouve ce savant mélange d’action et d’humour mordant, cocktail détonnant servi par un Bruce Willis dont la carrière prendra véritablement son envol à partir de ce film. Auparavant habitué à des rôles de comédie où il n’était pas à son mieux (la série Clair de Lune), il trouve avec le rôle de John Mc Clane un personnage idéal de flic aux méthodes peu orthodoxes.

Un comportement volontairement énervant

Son attitude relativement désinvolte fait tourner la tête à tous ses adversaires, Alan Rickman en tête. Ce dernier campe ici un terroriste tour à tour inquiétant et redoutablement fourbe, passant de la courtoisie la plus charmante à la froideur la plus expéditive.

On n’a toujours pas parlé de l’histoire au passage : flic new yorkais fraichement débarqué à Los Angeles, Bruce Willis rejoint sa femme à une fête de fin d’année à son bureau (une tour moderne d’une quarantaine d’étages).

Surgit alors une bande de terroristes de l’ex-RDA (on est à la fin des années 80) dont les traits sont un peu caricaturaux (l’allemand qu’ils parlent entre eux est souvent intraduisible). Ces individus louches sont résolus à mener à bien une prise d’otages dans la fameuse tour. Mais toute cette belle mécanique va se gripper lorsque surgit le seul grain de sable possible : John Mc Clane.

Avec plus ou moins de finesse (la bombe balancée dans le puits d’ascenseur), il élimine un par un les gangsters et la plupart de leurs morts sont assez désopilantes à regarder. Il est à noter que la quasi-totalité des scènes d’action sont réalisées avec très peu d’effets numériques (il s’agit de vraies explosions et de vraies cascades).

Il mouille le marcel mais pas le reste

Petit truc à savoir : Bruce Willis se fera doubler dans toutes ses scènes d’action (même celle où il se retrouve dans la fontaine et où il ne se passe rien !) Je m’en excuse : ça va vous gâcher le mythe mais certainement pas le film ! Je ne vous spoile bien évidemment pas le final qui réserve quelques surprises. Et ce quand bien même on croit que tout va (enfin) se terminer.

Quatre suites suivront (deux réussies et deux autres moins). En général les spécialistes et les fans s’accordent à dire que 58 Minutes pour Vivre et Une Journée en Enfer sont les meilleures.

Mais rien ne sera plus vraiment comparable à Piège de Cristal, à tel point que le second de ces films se retrouvera à inclure une référence notable pour son intrigue. Je ne vous en dis pas plus si vous n’avez pas tout ou partie de ces films.

Yippee-ki-yay !

E D I T H D E N A N T E S

→ Lien Wikipédia sur le film
https://fr.wikipedia.org/wiki/Piège_de_cristal

George Michael “Faith” [1987]

Un classique à posséder dans sa discographie de toute urgence si vous ne l’avez pas encore ! Pourquoi ? Lisez la suite et on verra après.

Un bijou pop

Tout juste sorti de sa période Wham!, boys band avant l’heure où il chantait des tubes à la “Wake Me Up Before You Go Go“, “Careless Whisper” et “Last Christmas“, Georgio Kyriakos Panayiotou (plus connu sous le pseudonyme George Michael) sort en 1987 l’album Faith.

Malgré de remarquables productions qui viendront après, ce premier effort solo est probablement le meilleur disque de sa discographie. A classer parmi les incontournables des années 80, cet album est un joyau de musique pop au même titre qu’un Thriller de Michael Jackson, un Like A Virgin de Madonna ou encore Purple Rain de Prince.

Très varié et très bien réalisé (George Michael l’écrit presque seul, en joue une bonne partie et chante de façon remarquable), on est devant ce que la variété au sens noble du terme peut produite de mieux.

Joliment irrévérencieux

Cela débute par un titre pop/rock efficace s’ouvrant sur de l’orgue (le morceau titre), un autre sur fond de gospel inspiré (“Father Figure“) et le très osé et délicieusement irrévérencieux pour l’époque “I Want Your Sex“. Cette longue suite sensuelle aux nappes de synthés envoûtantes illustre au mieux la capacité de l’artiste de pouvoir pasteuriser la soul music sans pour autant la dénaturer. Du très grand George Michael.

On continue plus loin avec “One More Try“, splendide ballade intemporelle qui sied à merveille pour emballer tant ce titre à lui tout seul est idéal pour tout slow qui se mérite. Les autres titres de la face B du vinyle de l’époque sont tous très bons aussi. Mentions spéciales pour le sautillant “Monkey” et cette magnifique “Kissing A Fool“, ballade acoustique jazzy encore une fois servie par l’admirable voix du beau George.

Après le succès critique et public de Faith, George Michael continuera à sortir de très bons disques dans les années qui suivront. Mais ces dernières seront plus dures à vivre : la crise avec sa maison de disques, la mort d’un conjoint brésilien atteint du sida, le décès de sa mère… et le fameux le coming out qu’il avait dû faire suite à un attentat à la pudeur. Dans un “joli petit parc” pour reprendre son expression…

Les derniers moments paisibles

Quand on analyse sa vie avec du recul et encore plus attentivement depuis sa mort tragique en 2016 le jour de Noel (le comble pour l’interprète de “Last Christmas“), on observe alors avec amertume que la période de la fin des années 80 correspond aux derniers moments vraiment apaisés de sa vie avant que tous ces problèmes à rallonge ne viennent ternir le tableau.

Si vous appréciez à la fois l’homme et l’artiste, alors foncez les yeux fermés sur ce Faith qui restera un must dans votre collection de disques. Bien entendu ses musiques résonneront encore longtemps aux oreilles des mélomanes et des musiciens. Mais aussi de celles de tous les amoureux transis, des ménagères en mal de reconnaissance, des nostalgiques d’une époque révolue… et puis globalement de toutes autres personnes mélancoliques de tous âges et de toutes origines. C’est la force d’une grande musique.

Tracklist :
01 Faith (3:16)
02 Father Figure (5:36)
03 I Want Your Sex (Parts I & II) (9:24)
04 One More Try (5:50)
05 Hard Day (4:48)
06 Hand to Mouth (4:36)
07 Look At Your Hands (4:37)
08 Monkey (5:06)
09 Kissing a Fool (4:35)
10 Hard Day (Shep Pettibone remix) (6:29)
11 A Last Request (I Want Your Sex Part 3) (3:48)

→ Lien Wikipédia sur George Michael
https://fr.wikipedia.org/wiki/George_Michael

→ Un live notable : Concert Of Hope 1993
https://www.youtube.com/watch?v=KciYBWwSkGU

E D I T H D E N A N T E S

Jamiroquai “The Return Of The Space Cowboy” [1994]

Sorti à peine un an après le premier album Emergency On Planet Earth en 1993, The Return of the Space Cowboy est peut être le meilleur disque de ce groupe britannique de funk acid jazz qui a connu le succès interplanétaire dans les années 90 avant de se calmer un peu en seconde partie de carrière depuis le début des années 2010. Petit retour en arrière donc.

Une suite directe

Ce second album poursuit dans la veine du premier, savant mélange de funk teinté de jazz et de soul. Tout comme c’est le cas avec la chanteuse Sharleen Spiteri qui personnifie le groupe Texas, Jamiroquai est quant à lui personnifié visuellement par son chanteur/auteur/compositeur Jay Kay. C’est en effet lui qui avec la collaboration d’une excellente section rythmique est l’auteur de la quasi-totalité des titres de cet album ainsi que de tous ceux du répertoire du groupe (huit galettes au total à ce jour).

Ayant échoué sur concours à devenir le chanteur des Brand New Havies, il ne perd pas son temps et se consacre pleinement à développer son propre groupe. Suite au succès du premier album, une suite directe s’imposait. S’il ne regorge pas de tubes calibrés radio tels que “When You Gonna Learn” ou “Too Young To Die“, il n’en est pas moins bon pour autant. Le morceau titre bénéficiera au passage d’une version remixée par David Morales en 1996 qui deviendra alors un énorme tube de dance music.

Là ou The Return of the Space Cowboy est vraiment génial c’est dans son côté funk un brin déconstruit qui représente au mieux la façon dont a été conçu le disque. En effet on y retrouve quelques composantes qui ne sont pas sans évoquer la grande époque d’artistes tels que Parliament ou Funkadelic de George Clinton ou encore certaines productions des premiers jazzmen.

Un format qu’on ne reverra plus

Certains morceaux ont un format plus long qui ne se prête pas vraiment à des exploitations radiophoniques (“Just Another Story” fait presque 9 minutes). D’autres titres ne sont pas vocaux (“Journey To Arnhemland” est un instrumental tel qu’on n’en verra plus guère dans toute la carrière qui suivra de Jamiroquai). De plus certains titres comme “Light Years” ou “Scam” sont en partie déconstruits dans leur déroulement et proposent un son qui s’approche plus du jam (sorte d’improvisation funky du groupe)  que de chansons pop parfaitement prévisibles.

L’album d’après qui sortira en 1996 Virtual Insanity sera celui de la consécration mondiale et sera déjà très différent de l’aspect global de Return. N’en reste pas moins que le son Jamiroquai est ici des plus épurés, l’influence d’artistes comme Stevie Wonder ou George Clinton ayant énormément joué sur la façon d’écrire et de chanter de son leader qui a l’époque n’avait même pas encore la trentaine (et n’était pas encore connu pour ses frasques dans les tabloïds qu’il multipliera les années suivantes).

Bref si vous souhaitez un album à la fois contemplatif et gorgé de petits moments jouissifs (mention à “Stillness In Time” autre demi-tube en single), nous vous recommandons chaudement ce disque à la pochette lunaire mais à la musique solaire. 

Tracklist:
01 Just Another Story 8:48
02 Stillness In Time 4:15
03 Half The Man 4:48
04 Light Years 5:53
05 Manifest Destiny 6:19
06 The Kids 5:08
07 Mr Moon 5:28
08 Scam 7:00
09 Journey To Arnhemland (Instrumental) 5:19
10 Morning Glory 6:21
11 Space Cowboy 6:25

→ Site officiel
http://www.jamiroquai.com/

→ Lien wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jamiroquai

Seal “IV” [2003]

Voilà un disque qui se laisse apprécier. Il s’agit du quatrième LP de Seal. Sous un titre un brin simpliste se cache une petite pépite des années 2000 qui se savoure comme du nectar.

Un enfant naturel

Seal a souvent été considéré comme une sorte d’enfant naturel de grands noms de la soul music, de Marvin Gaye à Curtis Mayfield en passant par Stevie Wonder ou encore les Temptations. Sa voix chaude et ses compositions soignées (l’album II en 1994 avec “Kiss From A Rose“) en ont fait une des plus belles voix noires de la scène britannique des années 90 et 2000.

Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’il a enregistré deux albums complets de reprises de standards soul en 2008 et 2012. Mais la galette qui nous intéresse aujourd’hui est antérieure à ces disques et est une production de sa main.

Pas de nouvelles pendant cinq ans

Lorsqu’il sort fin 2003 ce quatrième opus intitulé sobrement IV, Seal revient sur le devant de la scène après une pause de cinq années sans nouvel album. Hormis “Les Mots” un duo notable avec Mylène Farmer en 2001, il n’avait en effet pas proposé de nouveau matériel depuis Human Beings en 1998, album très beau mais peut être un peu trop mélancolique et qui n’avait pas trouvé son public à ce moment-là.

IV est un peu l’exact opposé du précédent album du colosse à la voix d’or. Résolument positif et proposant le meilleur contenu depuis II en 1994 et le plus varié depuis ses débuts en 1991 sur son premier album éponyme (“Crazy“, “Killer”), ce disque est un petit bijou de pop soul.

Une collection de chansons

Il alterne subtilement titres festifs (“Get It Together” qui ouvre la tracklist ou “Waiting For You” beaux comme du Marvin Gaye) et ballades qui tuent : le tube “Love’s Divine“, la puissante “Don’t Make Me Wait”  ou la délicate “Touch” (dont la version acoustique parue un an après sur un best of est encore meilleure).

On a aussi droit à des morceaux qui détonnent un peu dans la musique habituelle de Seal comme le magnifique “Where There’s Gold” où sa voix prend des envolées rasta ou encore “My Vision” qui est truffé de multiples effets sonores qui amplifient considérablement le titre pour en faire un must en concert.

Par la suite, Seal continuera de sortir d’autres albums. Même si ces derniers sont très corrects, aucun d’eux jusqu’ici n’a pu égaler IV, arrangé pour la dernière fois par le légendaire producteur Trevor Horn, ex-membre des Buggles et de Yes et responsable parmi moults productions du son de Frankie Goes To Hollywood ou de Grace Jones.

Peut être que cette relative baisse de qualité possède un lien avec la fin de cette collaboration ? Qu’importe. Le mieux est d’écouter ou de réécouter ce disque essentiel qui restera encore pour longtemps un grand album de soul moderne et qui devrait fort logiquement très bien vieillir.

A prolonger en live

Enfin un autre album notable de Seal est à noter pour prolonger le plaisir. Sorti en 2006 et intitulé A Night To Remember, il s’agit d’ un concert enregistré en Allemagne avec l’aide d’un orchestre philarmonique au complet qui réinterprète tubes reconnus et titres plus discrets dans des versions de toute beauté.

Et bien évidemment une place importante est accordé dans le concert à ce quatrième album sorti quelques années avant. Cela permet de donner une épaisseur encore plus notable à cette impeccable production.

Tracklist:
01. Get It Together (4:25)
02. Love’s Divine (4:35)
03. Waiting for You (3:44)
04. My Vision (4:48)
05. Don’t Make Me Wait (4:32)
06. Let Me Roll (3:53)
07. Touch (5:22)
08. Where There’s Gold (5:12)
09. Loneliest Star (4:06)
10. Heavenly… (Good Feeling) (5:02)
11. Tinsel Town (5:52)
12. Get It Together (Reprise) (1:06)

→ Site officiel
http://www.seal.com/

→ Lien wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Seal

Pet Shop Boys “Behaviour” [1990]

Chronique de l’album “Behaviour” des Pet Shop Boys sorti en 1990.

Album sorti en 1990, Behaviour est une étape importante dans la carrière du groupe d’électro pop Pet Shop Boys apparu quelques années auparavant avec le single “West and Girls” en 1985. Vinrent ensuite les albums PleaseActually et Introspective, tous gorgés de titres accrocheurs et dansants (“Suburbia“, “It’s A Sin”, “Heart“, “Domino Dancing“…) qui à l’époque cartonnèrent des deux côtés de l’Atlantique.

Contemplatif

Après ces trois disques sautillants, voilà que le duo se met en mode contemplatif avec ces dix titres tour à tour planants et teintés de sublime mélancolie. Avant ce disque, la critique ne voyait en eux qu’un groupe à singles, incapables de maintenir une cohésion d’ensemble à un album entier. Cette dernière en a été pour ses frais lorsque ce quatrième album et enregistré entre Munich et Londres sorti en 1990.

Comment ne pas se laisser aller à la détente avec le superbe “Being Boring” ? Revisiter son enfance scolaire dans l’introspectif “This Must Be The Place I Wanted Years To Leave” qui fait écho au “It’s A Sin” pondu sur Actually ?

On sonde l’âme d’un Lénine tourmenté qui semble avoir des doutes sur son œuvre (“My October Symphony“) et on se remémore nos premiers amours déçus dans “The End of the World” avant de se réveiller dans une vie d’adulte pas si établie que cela sur le plan sentimental (“Jealousy“) qui clot l’album de façon grandiose (mais pas pompeuse).

Being Boring

La participation du guitariste des Smith Johnny Marr apporte une touche de flamboyance à Behaviour, usant de nombreux effets et ce dès l’intro planante de “Being Boring“. Probablement un des tous meilleurs titres du groupe et qui est édité ici avec un fondu sortant. En effet une version de dix minutes de ce titre existe sur l’édition remastérisée en 2001. Elle a beau être plus longue, elle n’en est pas moins meilleure.

D’autres titres comme “How Do You Expect To Be Taken Seriously?” sont également très marqués par la patte de Marr. A l’inverse “So Hard” capitalise à fond sur le riff de synthé de Lowe et en fait peut être le seul titre vraiment “dansant” du disque.

Puis tout l’inverse deux ans après

A l’exact opposé les PSB produiront deux ans plus tard un autre sommet de leur carrière qui est résolument orienté dance floor à savoir l’album Very. Et qui sera popularisé en France par leur reprise de “Go West” des Village People qui sera utilisée par TF1 dans cette décennie pour son générique de la Ligue des Champions. Et plus curieusement par le PSG (ce dernier en fera la trame de son hymne officiel actuel).

A l’heure où l’on n’a jamais autant parlé d’homophobie dans les stades, voilà bien quelque chose qui devrait en dérouter plus d’un(e)… Pour celles et ceux qui n’ont pas tout compris, je vous recommande plutôt d’aller jeter un œil sur les pages wikipédia de ces groupes. La cause LGBT n’est en effet jamais très loin.

Avec Behaviour les PSB réussissent là un coup de maître avec un album brillant qui prouve que l’on peut aussi avoir des moments de faiblesse dans la vie. Parce que tout n’est pas si simple. Que rien n’est joué d’avance. Que tout se réinvente en permanence. Et ce grand disque le prouve.

E D I T H D E N A N T E S

Tracklist :
01. Being Boring – 6:49
02. This Must Be the Place I Waited Years to Leave – 5:30
03. To Face the Truth – 5:33
04. How Can You Expect to Be Taken Seriously? – 3:56
05. Only the Wind – 4:20
06. My October Symphony – 5:18
07. So Hard – 3:58
08. Nervously – 4:06
09. The End of the World – 4:43
10. Jealousy – 4:48

→ Site officiel du groupe
https://petshopboys.co.uk/

→ Lien wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pet_Shop_Boys

“Rocketman” [2019]

Entraperçu pour la première fois juste avant la projection de Bohemian Rhapsody en octobre 2018 sous la forme d’une bande annonce assez psychédélique, Rocketman faisait d’office très plaisir. Mais cela faisait également un peu flipper. Comment faire un biopic du vivant de Reginald Dwight, plus connu sous le pseudonyme d’Elton John, sans pour autant tomber dans une version forcément voulue et validée par son génial inspirateur ?

Un projet de biopic de son vivant

Pour la petite histoire, Rocketman (qui signifie l’homme fusée) est le titre d’une des meilleures chansons et aussi le nom du label d’Elton John, extraverti introverti qui malgré quelques errances a su s’assagir pour pouvoir un jour contempler de son vivant cette œuvre qui ne cache rien de ses addictions passées. Il avait laissé quasiment carte blanche au réalisateur Dexter Fletcher pour ne pas entraver le projet. Et il a beaucoup apprécié le résultat final lors du visionnage à Cannes en 2019.

C’est ce dernier qui réalisa aussi (avec Bryan Singer) Bohemian Rhapsody. Ce film fut accueilli avec un brin de déception par une partie de la critique et des fans car le biopic sur Freddy Mercury et Queen avait été pensé et réalisé d’une façon un peu trop lisse dans le développement de sa dramaturgie.

On ne vous cache rien ou presque

Cette fois-ci il s’agit d’une vision sensiblement différente puisque le sujet n’est pas traité de la même façon. Sur la forme Rocketman lorgne plus vers la comédie musicale que le biopic au sens strict.

Sa trame est centrée sur la vie d’Elton John, de son enfance compliquée à son ascension fulgurante de sa première partie de carrière (le film se concentre surtout entre 1969 et 1983). Et il n’occulte ni ses frasques, ni sa sexualité et tout ce qui en général n’est pas vraiment abordé dans une oeuvre à la gloire de quelqu’un.

Film à chansons donc où ces dernières sont interprétées avec brio par celui que l’on avait déjà entendu chanter “I’m Still Standing“dans Tous en Scène, film d’animation très réussi sorti en 2017 où une troupe d’animaux poussaient de la voix en reprenant des dizaines de tubes populaires dont ce dernier. Associé à une ressemblance physique assez crédible du Elton John jeune, la performance de Taron Egerton (vu dans les King’s Men) est pour sa part convaincante.

Sans temps mort, passant de la douce folie des titres interprétés tambour battant à des séquences d’émotion plus poignantes, le film est bien évidemment l’occasion de voir défiler dans une sorte de best of les meilleurs tubes du répertoire de cette légende de la pop music au sens respectable du terme.

Une carrière hors normes

La carrière d’Elton John a commencé en 1970 avec un titre qui devient plus tard un morceau très prisé par la communauté LGBT, la ballade douce-amère “Your Song” premier succès de la légendaire collaboration avec Bernie Taupin, son parolier avec lequel une très grande amitié se nouera. C’est d’ailleurs de cette relation que découlent plusieurs des meilleures scènes du film. Une relation aussi sincère que vitale, ponctuée de quelques passages à vides mais toujours renouvelée.

Dans la foulée de ses premiers succès la décennie des seventies s’avérera la plus favorable comme Elton le déclarera plus tard. En effet “Your Song” sort seulement six mois après la séparation des Beatles. Et John Lennon de dire à l’époque que ce que faisait ce petit myope timide était “le meilleur truc après nous“. C’est flatteur.

Très vite il accumulera les tubes mais aussi les excès en tous genres, sa vie privée étant chaotique en raison de doutes profonds liés en partie à un manque d’affection parentale et surtout sur sa sexualité avec laquelle il mit un certain temps à s’affirmer.

Cela nous rappelle à quel point la vie reste parfois difficile et que même très entouré(e) on peut se sentir très seul(e). Bon film donc.

Ah oui j’allais oublier : à ne pas voir dans sa version adaptée pour le cinéma russe. En effet des scènes entières qui ne cachent rien de l’homosexualité du chanteur ont été purement et simplement retirées en raison de leur connotation sulfureuse pour le public local. Comme quoi il reste du chemin à faire. Même quand on vend quelque chose sur un nom reconnu on n’est pas forcément sûr de marquer le coup.

Qu’importe. Le “Crocodile Rock” ne s’est jamais aussi bien porté.

E D I T H D E N A N T E S

→ Lien Wikipédia sur le film
https://fr.wikipedia.org/wiki/Rocketman_(film)

→ Lien Wikipédia biographie d’Elton John
https://fr.wikipedia.org/wiki/Elton_John

Scissor Sisters “Ta Dah” [2006]

Voilà typiquement le genre de disque qui vous procure une émotion lorsqu’un pote vous le fait écouter pour la première au casque dans une grande enseigne spécialisée.
Bon vous l’aurez compris je parle d’une expérience vécue et actuelle. J’écoute toujours régulièrement cet album de temps en temps et le trouve toujours aussi bon.

Ouvertement LGBT

Sorti en 2006, Ta Dah est le second album des Scissor Sisters. C’est un groupe américain ouvertement LGBT (leur nom de scène provient d’une position sexuelle lesbienne) qui, on ne va pas le cacher, tire une bonne partie de son inspiration aux sources du disco, du glam et du rock seventies.

Des influences majeures donc et qui ressortent plus particulièrement sur cet album explosif qui reprend avec brio tous les codes du genre mais sans jamais sonner passéiste ou (ce qui est pire) opportuniste.

Bon de bout en bout

L’album s’ouvre avec I Don’t Feel Like Dancin’“, hit pop/disco instantané des deux côtés de l’Atlantique. La légende raconte que c’est Elton John qui trouva la mélodie principale du morceau en s’invitant dans leur studio et en jouant sur le piano qui traînait là quelques notes devant les Scissor. Qui furent à la fois sidérés et incrédules devant une de leurs références pop absolues qui jouait devant eux… et pour eux !

Parmi les autres références évidentes du disque on pense parfois aux Beatles (“I Can’t Decide“), Supertramp (“Intermission“), Chic (“Ooh“), Bee Gees période Night Fever (“Paul Mc Cartney“) ou encore Donna Summer (“Lights“).

Un âge d’or tout sauf passéiste

Un disque en or et en paillettes et à plus d’un titre donc. Pas évident en effet surtout lorsque c’est parfaitement maîtrisé de bout en bout. Le piège aurait été de vouloir faire comme les anciens et ne livrer qu’une copie blême d’un âge d’or révolu. Mais avec Ta Dah on est devant un groupe qui a su digérer toutes ses influences pour produire ce que la pop music peut faire de mieux de nos jours.

C’est dansant, c’est classe, c’est inspiré et cela en est presque intemporel. Cela vieillit aussi bien que le bon vin en quelque sorte. Vous pourrez toujours réécouter ce disque dix, vingt ou trente ans plus tard et il vous fera toujours autant d’effet. Et dans une époque où beaucoup de choses disparaissent aussi vite qu’elles sont arrivées, voilà bien un truc de rassurant.

Un seul titre constitue l’exception qui confirme la règle : le dansant “Ooh” dont la ligne de basse ressemble furieusement à bon nombre de standards disco. Mais c’est aussi l’hymne du funk et nombreux sont ceux qui l’ont aussi agrémenté à leur sauce (de “Another One Bites The Dust” de Queen à “Little L” de Jamiroquai pour ne citer qu’eux).

Une sauce qui prend toujours.

Tracklist :
01. I Don’t Feel Like Dancing
02. She’s My Man
03. I Can’t Decide
04. Lights
05. Land of a Thousand Words
06. Intermission
07. Kiss You Off
08. Ooh
09. Paul McCartney
10. The Other Side
11. Might Tell You Tonight
12. Everybody Wants the Same Thing

→ Lien Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Scissor_Sisters

→ Page facebook du groupe
https://www.facebook.com/scissorsisters

Lou Reed “Transformer” [1972]

Aujourd’hui nous vous faisons un petit papier sur un disque bien particulier. Il s’agit de l’album de 1972 de Lou Reed Transformer. Et non car on vous voir venir : cela veut dire “transformateur” en anglais. Et non “transformiste”.

Je profite de cette occasion pour vous informer que désormais nous allons publier des articles de fond sur d’autres disques à la fois d’artistes divers et de styles très différents suite à cet article. Comme notre ligne éditoriale fait en sorte de parler de tout, cela ne sera pas que des œuvres ayant forcément un rapport avec notre thématique principale qu’est le travestissement.

Enfin et pour rappel nous vous précisons que sur la chaîne YouTube Edith de Nantes vous pouvez déjà trouver une playlist de vidéos consacrées à des œuvres artistiques (des films et désormais des disques).

Plutôt de vous narrer ici dans cet article la même chose que dans la vidéo qui suit, je vous recommande de découvrir sans plus attendre cette dernière que nous avons réalisé. Celle-ci traite donc de cet album si spécial qui est un classique à posséder dans toute bonne discothèque de mélomane averti.e qui se respecte.

Bon visionnage. Et Bonne écoute.

E D I T H D E N A N T E S

Tracklist :
01. Vicious (2:58)
02. Andy’s Chest (3:20)
03. Perfect Day (3:46)
04. Hangin’ Round (3:35)
05. Walk on the Wild Side (4:15)
06. Make Up (3:00)
07. Satellite of Love (3:42)
08. Wagon Wheel (3:19)
09. New York Telephone Conversation (1:33)
10. I’m So Free (3:09)
11. Goodnight Ladies (4:21)

+ d’infos sur ce disque
https://fr.wikipedia.org/wiki/Transformer_(album)

→ Vidéo « Présentation Chaîne E D I T H D E N A N T E S »
https://www.youtube.com/watch?v=DCrlVIyW7gk