Supertramp “Breakfast In America” [1979]

Quand Supertramp sort ce sixième album en 1979 il est alors à son apogée commerciale et critique.

Vendu à plus de trente millions d’exemplaires dans le monde l’année de sa sortie, cet album est en outre gorgé de quelques uns des plus grands standards du groupe. C’est ce que nous allons voir. Ou plutôt entendre.

Le Superclochard

Supertramp est un groupe de rock progressif britannique qui a connu la plus grande partie de son succès dans les années 70 et 80. Son nom de scène est un jeu de mot qui signifie Superclochard. Tout un programme. Ses productions sont marquées par des thèmes alliant humour taquin teinté parfois de mélancolie et invitant à la réflexion sur fond de mélodies évidentes (“School“, “Dreamer“, “Give A Little Bit“, “Downstream“, “It’s Raining Again“). Cela rappelle d’autres grands noms de la pop music…

Il a souvent été dit (dont par moi-même) que si les Beatles ne s’étaient pas séparés en 1970, il est fort probable que leur musique aurait été très proche du son de Supertramp. A l’inverse un titre comme “Dreamer” n’aurait pas du tout fait tâche dans la discographie de Queen par exemple.

Deux têtes pensantes

De sa création en 1969 à 1983, les deux têtes pensantes du groupe seront Rick Davies et Roger Hodgson. Un peu à la manière de John Lennon et Paul Mc Cartney, ces deux-là se répartiront l’écriture et la composition de l’essentiel du catalogue.

Toutes les musiques étant estampillées sous la marque du groupe, cela entraînera des querelles qui durent encore de nos jours depuis le départ d’Hodgson en 1983. Celui-ci mettra toujours un point d’honneur à ne reprendre que les titres de sa main dans les concerts de sa carrière solo. Le reste du groupe continuera en revanche à interpréter en live tous les titres du répertoire superclochardien, tubes de Hodgson en tête bien évidemment.

Truffé de mélodies évidentes

Et côté contenu cela donne quoi ? Explorant toujours ce savant mélange de musique à la fois dense et mélodique, Supertramp nous offre une collection de chansons qui ont marqué plusieurs générations de musiciens et de mélomanes.

Les entraînants “Breakfast In America” (compo d’Hodgson) et “Goodbye Stranger” (compo de Davies) en sont les meilleures illustrations. On y trouve aussi une ballade poignante (“Lord Is It Mine?“), un rock puissant de Davies (“Just Another Nervous Wreck“), un final grandiloquant qui clôt en beauté cet album majeur des années 70 (“Child Of Vision“) et surtout l’euphorique “Take The Long Way Home” (encore signé par le génial Hodgson).

Et puis enfin il y a ce titre qui mettra tout le monde d’accord : “The Logical Song“. A l’heure où Supertramp divisait les amateurs et les jamais-au-grand-jamais, cela plu alors à l’époque à toutes les audiences et notamment à la presse spécialisée qui adorait le côté rock progressif du groupe mais dévalorisait son aspect commercial. C’était courant à l’époque et c’est encore valable de nos jours. Lorsqu’un artiste se met à vendre beaucoup, il perd immédiatement en crédibilité et donc en succès critique.

Ce fameux album à la pochette si particulière de nos jours (on y voit les anciennes tours jumelles du World Trade Center de New York sous forme de boîtes en carton pour denrées alimentaires) est par ailleurs le disque de musique étrangère le plus vendu en France depuis sa sortie (environ 3.5 millions d’exemplaires sans compter les innombrables versions pirates et exemplaires dupliqués).

Pour finir je vous recommande chaudement l’album live de la tournée Breakfast… enregistré à Paris en 1980 et nommé sobrement Paris. Il s’agit d’un véritable best of live des années 70 du groupe et qui ne se concentre pas que sur l’album qui nous a intéressé ici le temps d’un article.

Maintenant vous pouvez y aller. Take The Long Way Home.

Tracklist :
01 Gone Hollywood (5:20)
02 The Logical Song (4:11)
03 Goodbye Stranger (5:50)
04 Breakfast in America (2:38)
05 Oh Darling (3:49)
06 Take the Long Way Home (5:08)
07 Lord Is It Mine (4:09)
08 Just Another Nervous Wreck (4:26)
09 Casual Conversations (2:58)
10 Child of Vision (7:25)

→ Lien Wikipédia sur Supertramp
https://fr.wikipedia.org/wiki/Supertramp

→ Site officiel du groupe
http://www.supertramp.com/

→ Site officiel de Roger Hodgson
http://www.rogerhodgson.com/index.html

Michael Jackson “Off The Wall” [1979]

Premier vrai album solo du Michael Jackson adulte (il avait vingt ans lors de l’écriture et l’enregistrement du disque), Off The Wall est une perle. Il précède de trois ans l’autre sommet Thriller qui battra tous les records de vente et qui reste encore aujourd’hui inégalé.

Deux chefs d’oeuvres

Ces deux albums sont considérés à juste titre comme les deux joyaux de la discographie du Roi de la Pop. Mais le second a eu tendance avec les années à éclipser le premier. Off The Wal a eu en effet un succès moindre : 3 singles radio contre 7 et une seule récompense prestigieuse contre 8 (un Grammy Award pour le meilleur son). Mais il n’en pas moins intéressant pour autant.

Epaulé par Quincy Jones à la production avec qui il ouvre une trilogie d’albums légendaires qui se clôturera en 1987 avec Bad, Off The Wall est bien plus qu’une simple répétition avant le carton de son illustre successeur. L’album possède des qualités remarquables à tous niveaux (écriture, composition, arrangements et personnel présent).

Merci Quincy, Merci Rod

Parmi ce dernier on trouve pêle-mêle Quincy Jones à la baguette bien entendu mais aussi les Brothers Johnson, bassiste et guitariste sur la majorité des morceaux, Paul Mc Cartney qui compose un titre (“Girlfriend“) et surtout Rod Temperton qui lui en compose trois (“Rock With You“, le morceau titre et “Burn This Disco Out“). Pour info le même Temperton est un compositeur hors pair qui (entre autres standards internationaux ) sera déjà responsable l’année suivante du Give Me The Night de George Benson. Il écrira un autre petit titre de Jackson intitulé… “Thriller“.

L’album s’ouvre par le classique “Don’t Stop ‘til You Get Enough” (compo de Jackson) standard de funk brillamment arrangé par la patte de Quincy Jones qui met en valeur la voix de Michael sur fond d’arrangements de cordes millimétrés. Le disque est ensuite traversé de titres rythmiques encore plus rapides (“Workin’ Day and Night” et “Get On The Floor” sont des musts) ou de ballades sirupeuses telles que la délicieuse “Girlfriend“, le poignant “She’s Out Of My Life” et “I Can’t Help It” de Stevie Wonder.

Rock With You

Et puis il y a ce qui est probablement le meilleur titre du Jackson de la grande époque de la fin des années 70 : “Rock With You“. Je vous mets à la fin de cet article un lien vers une vidéo youTube d’une version longue de ce titre. Cette version avec une intro rallongée touche au divin. N’hésitez pas à m’en faire un retour dans vos commentaires.

A l’image de ce titre, on trouve sur Off The Wall tout ce qui fait le charme de Jackson comme les fans de base ou les simples amateurs l’ont toujours apprécié : il est tout jeune, sa voix est sensuelle, sa musique géniale. Il n’est pas encore trop malmené par l’argent qui coulera à flots après et surtout par les sombres affaires qui défrayeront la chronique dans les années à venir…

En dépit des énièmes rebondissements et dossiers qui ressortent régulièrement dans l’actualité et ce plus de dix ans après sa disparition précoce, on ne peut nier à cet artiste exceptionnel au talent indéniable la qualité d’Off The Wall qui restera une de ses toutes meilleures œuvres.

La suite sera différente

Par la suite la carrière de Jackson sera jalonnée de productions un peu moins inspirées (la redondance de certains titres de Dangerous) et surtout de projets plus anecdotiques comme Invincible par exemple. A nuancer néanmoins : avec les années l’album connait un regain d’intérêt de la part des fans et des professionnels du métier.

Pour finir il est grand temps pour vous de redécouvrir Off The Wall si vous pensez que Jackson n’avait commencé à cartonner qu’avec des “Billie Jean” ou des “Beat It“. Pour ne pas vous retrouver un jour au pied du mur tout simplement.

→ Lien Wikipédia sur Michael Jackson
https://fr.wikipedia.org/wiki/Michael_Jackson

→ Site officiel
https://www.michaeljackson.com/fr/

→ Vidéo youTube « Rock With You » [The Reflex Revision]
https://www.youtube.com/watch?v=BZxA6fHnnpU