“The Rocky Horror Picture Show” [Cultivons-Nous #04]

Documentaire sur le film du même nom sorti en 1975. Dans cette séquence vous pourrez ainsi découvrir ou redécouvrir cet objet culte dont je ne pouvais pas en tant qu’Edith de Nantes ne pas en parler.

Et au passage cela me permet de faire un peu de pub pour les autres productions de cette chaîne. Astuce de youtubeur 😉

Bonne séance et n’oubliez pas de liker, commentez, etc!

EDN ❤️🍺✌️🍀🌎🍇

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+ d’infos sur le film https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Rocky_Horror_Picture_Show

+ d’infos sur ce curieux art de vivre https://fr.wikipedia.org/wiki/Travestissement

De l’Or Pour Les Braves [1970]

Un de mes coups de cœur et ce depuis l’enfance ! A défaut d’être la référence ultime dans son genre, il n’en reste pas moins que cette petite perle reste un honnête film de guerre qui vieillit formidablement bien !

Aller chercher l’or

Le film raconte les déboires d’une bande de soldats américains en quête d’or nazi en France lors de la Seconde Guerre mondiale. Historiquement, l’action se passe quelque part entre le Débarquement de juin 1944 et la Bataille des Ardennes de décembre de la même année.

Le but de ces hommes est d’aller récupérer un trésor nazi situé tout près de leur ligne de front constitué de quatorze mille barres d’or. Ladite compagnie est commandée par Clint Eastwood dont c’est le second film de guerre en tant qu’acteur après Quand Les Aigles Attaquent (où il volait presque la vedette à Richard Burton). Sans en référer à sa hiérarchie, ce dernier organise une opération risquée mais calculée et dont le film suit l’évolution.

Casting quatre étoiles

En plus d’Eastwood à la tête de la petite troupe, on trouve d’autres acteurs dont la présence à l’écran est des plus jubilatoires. S’emportant toujours facilement tout en restant droit dans ses bottes, Telly Savalas (la série Kojak) est parfait dans son rôle de sergent un brin grincheux mais toujours très imaginatif pour mettre une pâtée aux méchants Allemands (qui sont loin d’être caricaturaux à défaut d’être d’être des militaires retords). Don Rickles en manutentionnaire geignard est tout aussi savoureux.

Mais la palme revient sans contexte à Donald Sutherland qui est irrésistible de drôlerie dans son rôle de commandant de tank hippie avant l’heure. Toutes les séquences où apparaît ce dernier sont toujours marquées par sa nonchalance communicative. Qu’il explique pourquoi il aime bien se battre en musique ou encore bronzer après le combat, dans tous les cas il sait se méfier des ondes négatives qui l’entourent…

Kelly’s Heroes

En point d’orgue il y a cette scène assez détonante où les tanks Sherman de Sutherland démolissent une gare allemande sur fond de musique country. Tellement marquante qu’elle inspirera un certain Francis Ford Coppola pour l’attaque du village vietcong qui deviendra une des scènes les plus cultes d’Apocalypse Now sorti… deux ans plus tard.

De l’Or Pour Les Braves (Kelly’s Heroes dans sa version d’origine) inspirera également par la suite d’autres réalisateurs (Les Morfalous d’Henri Verneuil avec Belmondo en 1984 ou encore Les Rois du Désert de David O. Russell en 1999).

Etonnamment et malgré tous ces bons ingrédients, De l’Or pour les Braves est un film dont le succès fut modeste à sa sortie en 1970. Mais pour un long métrage qui date déjà 50 ans cette année, il n’en reste pas moins un très bon moment de cinéma qui lorgne ici vers la comédie plus que le film de guerre pur et dur.

Quant à l’action elle est tout de même assez présente notamment dans le dernier quart du film où une bataille a lieu dans le petit village où se trouve le fameux or que tout ce petit monde convoite. Alors certes tout ceci se passe plus de vingt-cinq ans avant Il Faut Sauver le Soldat Ryan de Steven Spielberg, les tanks Tigre ne sont pas des originaux mais des répliques de vieux T-34 russes… Et le final de fraternisation soudaine avec l’ennemi pourra agacer les cinéphiles mordus de films d’action qui auraient souhaité un peu plus d’action.

Une bande son très sixties

Néanmoins ne boudez pas votre plaisir. Si vous avez un jour l’occasion n’hésitez pas à vous en délecter et ce même en version doublée française qui est très correcte. Et puis bien sûr il y a la musique de ce film qui elle aussi détonne un peu par moments !

Anachronique par rapport à l’époque que le film est censé exposer, elle n’en est pas moins terriblement en phase avec le récit. On y trouve aussi bien des morceaux très sixties (The Mike Curb Congregation Burning Bridges, Hank Williams All For The Love Of The Sunshine) que des titres de facture classique spécialement conçus pour le film par le compositeur argentin Lalo Schifrin. Son titre Tiger Tank sera d’ailleurs réutilisé par Quentin Tarantino dans Unglourious Basterds en 2009.

50 ans déjà et presque pas une ride. Si je pouvais vieillir aussi bien j’en serai ravi. Parce que les ondes négatives ça va un moment.

E D I T H D E N A N T E S

Fiche wikipédia sur le film :
https://fr.wikipedia.org/wiki/De_l%27or_pour_les_braves

Midway [2019]

Ce n’est pas la première fois qu’est réalisé un film sur le sujet. Mais cela ne m’a pas empêché malgré quelques doutes d’aller le voir. Et par deux fois en plus !

Une crainte légitime

C’est devenu rare ces dernières années de voir des vrais bons films de guerre et a fortiori sur cette période qu’est la Seconde Guerre Mondiale. C’est le cas avec le diptyque de Clint Eastwood Flags Of Our Fathers en 2006 et Lettres d’Iwo Jima en 2007 ou encore Hacksaw Bridge (en français Tu Ne Tueras Point) de Mel Gibson en 2016 qui représentaient de vraies réussites aussi bien esthétiques que scénaristiques.

En tant que grand amateur d’Histoire militaire et plus particulièrement de la Guerre du Pacifique, j’étais dans une relative circonspection lorsque j’ai appris qu’un film sur la bataille de Midway allait se faire. D’où la crainte d’en ressortir déçu.

Je partais donc voir le nouveau film de Roland Emmerich (Stargate, Independance Day, Le Jour d’Après, 2012…) avec la sensation que cela n’allait être qu’une superproduction de plus sur un épisode historique bien connu de l’histoire américaine. En effet ce n’est pas le premier film qui a été fait sur cette bataille qui marqua un tournant dans l’affrontement entre les Etats Unis et l’Empire japonais entre 1941 et 1945. Un autre long métrage de bonne facture intitulé également Midway avait déjà été réalisé par Jack Smight en 1976.

Mon ressenti final après la projection était donc très mitigé. J’ai eu l’occasion de le revoir une seconde fois quelques jours plus tard en version originale cette fois-ci. L’expérience fut meilleure. Cela me conforte dans l’idée que décidément voir un film étranger en VO procure une expérience de cinéma bien plus agréable. Et surtout plus jouissive.

Un peu d’Histoire

Les Etats-Unis qui étaient restés neutres depuis le début de la guerre en Europe en septembre 1939 sont entrés dans le conflit suite à l’attaque surprise japonaise sur leur base de Pearl Harbor dans l’Océan Pacifique le 7 décembre 1941. Pendant quatre longues années ils vont mener presque seuls la sanglante Guerre du Pacifique, conflit dans le conflit où leur adversaire direct qu’était l’Empire japonais se révèlera jusqu’à sa défaite finale un ennemi aussi dangereux qu’acharné.

Au début de 1942 les Américains sont dans une posture militaire délicate. Leurs porte-avions que l’on voit dans le film vont se révéler être la clé des futurs grands affrontements à venir dont celui de Midway. Cet atoll perdu au milieu de l’océan Pacifique fut le théâtre d’une grande bataille début juin 1942. Les Japonais souhaitaient attirer les porte-avions américains rescapés de l’attaque de Pearl Harbor dans un combat décisif afin d’asseoir leur supériorité dans le conflit par l’élimination de ces derniers. 

Juste après la bataille de la Mer de Corail en mai 1942, c’est la seconde fois que deux flottes s’affrontent non pas directement à coups de canon mais le biais de leurs aviations embarquées respectives. C’est ce que l’on appelle l’aéronavale. Et c’est en grande partie sur l’histoire de ces marins et aviateurs que se concentrent le récit du film.

Se méfier des apparences

Midway de Roland Emmerich parait pompeux au premier abord : des scènes d’action dont certains effets spéciaux sont passables, des récits qui s’enchaînent très vite et surtout cette lancinante impression de ne voir qu’un énième film sur la supériorité américaine qui balaye tout sur son passage puisqu’au final c’est eux qui ont remporté la mise (pardon pour le spoil).

Le second visionnage du film dont je vous ai parlé m’a éclairé sur ce que je n’avais pas saisi lors du premier où j’étais trop concentrée sur les détails historiques. Quand on y regarde de plus près on se rend compte qu’Emmerich a su donner un peu plus de profondeur à son long métrage qu’il n’y parait au premier abord. Tout du moins sur l’aspect humain.

En plus des considérations stratégiques (s’assurer la maîtrise de l’océan et donc de la guerre), le film met en lumière quelques faits moins connus de cette époque. Le plus manifeste étant le rôle clé joué par les équipes de déchiffrage des services secrets américains. C’est en effet grâce à elles que les Américains purent prévoir à temps l’endroit exact de l’attaque japonaise et cela se révèlera être un avantage très net dans la bataille.

Un tableau réaliste

On oublie vite cette scène mais dès le début du film les Japonais font preuve de plus de réalisme que d’agressivité dans leurs raisonnements. Car c’est bien connu l’Histoire est écrite par les vainqueurs et il est souvent de bon ton de dépeindre le vaincu comme étant simpliste, belliqueux et sans grande réflexion sur les événements.

Cette vision est heureusement contrecarrée avec le point de vue développé par le personnage de l’amiral Yamamoto. Ce grand stratège de l’aéronavale japonaise avait prédit avec une précision étonnante qu’un conflit direct avec les USA ne pourrait qu’être perdu à moyen terme. Et tout au long du film les Japonais montrent une certaine estime de leur adversaire.

S’ils ne les croient pas capables de se sacrifier en jetant un avion endommagé sur un navire, ils sont plus enclins à ne pas sous estimer une autre forme de bravoure. En voyant les premiers pilotes américains qui attaquent leur flotte se faire descendre, un officier nippon se moque ouvertement de leur amateurisme. Un autre lui rétorque alors que “même les amateurs peuvent avoir de la chance“…

Et puis il y a ce sens de l’honneur poussé à l’extrême par les Japonais. Comme cette histoire véridique du contre-amiral Yamaguchi et de son enseigne de vaisseau qui décidèrent de rester sur leur porte-avions en feu avant qu’un destroyer de leur propre flotte ne l’achève…

Quelques petites maladresses

A bien tout analyser je n’ai trouvé qu’un seul vrai bémol dans le traitement historique du film. Je passe le plan d’introduction qui stipule que Midway fut la plus grande bataille navale de l’Histoire. C’est une erreur car ce fut en réalité un autre épisode de la Guerre du Pacifique : celui de la bataille de Leyte aux Philippines en octobre 1944. Et qui opposa une nouvelle fois Américains et Japonais.

Non le problème qui me taquine est ailleurs. Le film avance à rythme soutenu et cela se ressent lors du traitement de certains faits. C’est le cas pour l’épisode des réparations du porte-avions Yorktown qui est vite expédié et surtout l’absence d’un acteur clé de la bataille à savoir le contre-amiral Frank Fletcher. Lorsque son porte-avions fut endommagé à la bataille de la Mer de Corail, ce dernier l’avait fait revenir en catastrophe à Pearl Harbor pour réparation.

L’Histoire a souvent mis de côté cet officier en minimisant son action qui se révéla pourtant décisive. Et ce alors que ses qualités de commandement étaient toutes aussi remarquables que d’autres gradés tels que Halsey ou Spruance (qui apparaissent à l’écran). C’est de concert avec son supérieur Chester Nimitz qu’il fit tout son possible pour faire réparer en un temps record le navire (en moins de 72 heures) pour qu’il soit présent à la bataille suivante. Et ce sont également des avions du Yorktown qui coulèrent les porte-avions nippons.

Je me retrouve dedans

Bref si le film est encore dans les salles obscures à l’heure où vous lisez ces lignes je vous le recommande quand même. C’est instructif tout en étant un divertissement très correct. Je ne peux que reconnaître qu’Emmerich a livré là un film relativement abouti qu’il avait muri pendant de longues années avant sa mise en production. C’était en effet un projet qui lui tenait à cœur depuis les années 90 et des films comme Independance Day.

Je me retrouve bien dans cette démarche car c’est ce que moi-même je fais avec ce site et surtout dans les vidéos de la chaîne YouTube. Un projet personnel souhaité et développé pendant longtemps et une volonté d’être aussi honnête que possible tout en essayant de rester pertinent. On aime ou on n’aime pas la démarche mais cela c’est un autre point de vue !

+ d’infos sur le film
https://fr.wikipedia.org/wiki/Midway_(film,_2019)

+ d’infos sur la bataille de Midway
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Midway

Star Wars IX – The Rise of Skywalker [2019]

Aujourd’hui on s’attaque à un gros morceau. Un pan entier de culture populaire. Attention cet article contient des spoilers en nombre. Dans un premier temps je vais vous faire une critique sans aucun détail relatif au film (il est sorti il y a seulement quelques jours à l’heure où j’écris ces lignes). Si vous ne l’avez pas encore vu il faudra repasser pour découvrir la seconde partie qui elle est truffée de spoilers.

Double Challenge

L’objectif de Star Wars Episode IX – The Rise of Skywalker était double. Primo : boucler la nouvelle trilogie commencée en 2015 avec Le Réveil de la Force et poursuivi en 2017 avec Les Derniers Jedi. Secundo : entériner une saga entière de neuf films comprenant trois trilogies, des épisodes I à IX inclus. Je ne refais pas l’historique complet de tous ces films hormis que pour bien cerner le propos cette dernière trilogie bouclée avec l’Episode IX correspond narrativement à des événements qui se déroulent une bonne trentaine d’année après la fin de l’Episode VI – Le Retour du Jedi sorti lui en 1983 bien avant la prélogie des épisodes I (1999), II (2002) et III (2005).  

Le Réveil de la Force avait eu pour mission de lancer les bases d’une nouvelle Trilogie différente de la légende canon de Star Wars. C’était le premier d’une série de nouveaux films de la franchise Star Wars rachetée en 2012 par Disney à George Lucas, créateur d’origine de la saga intersidérale qui raconte grossièrement l’histoire d’une bande de fermiers galactiques sur une trentaine d’années. Elle est découpée en six épisodes dont au moins deux sont considérés comme des chefs d’œuvre de science-fiction (Un Nouvel Espoir en 1976 et L’Empire Contre-attaque en 1980).

Des précédents clivants

A sa sortie en 2015 il s’était avéré que le Réveil de La Force était une copie assez flagrante d’Un Nouvel Espoir. En effet le film ne prenait pas beaucoup de risques mais réemployait de façon assez bien ficelée la trame et les codes narratifs de l’Episode IV.

Quant aux Derniers Jedi de Ryan Johnson il a profondément divisé la critique et le public. La raison ? Un parti pris narratif et esthétique qui allait à l’encontre de ce que le réalisateur J.J. Abrams avait voulu mettre en place dans le Réveil de La Force. C’est d’ailleurs lui qui repris la réalisation de l’Episode IX qui nous intéresse aujourd’hui suite au départ du metteur en scène d’origine Colin Trevorrow remercié par le studio en 2017 pour divergence de point de vue artistique.

Est-ce que toutes ces péripéties de production ont eu une incidence sur le dernier épisode et sur la trilogie en général ? Cela n’est pas forcément visible au premier abord mais il est évident que la trame globale de tout l’ensemble en a fait les frais.

Disons-le tout net : l’Episode IX n’est pas un mauvais film. Il fait le travail. On passe un moment agréable car cela reste un spectacle familial avant tout. Mais l’empreinte qu’il laissera n’est (à mon sens) pas aussi remarquable que d’autres volets de la saga.

La guerre sur deux fronts

A sa décharge, Abrams n’a eu qu’un film pour à la fois “rattraper” le VIII et réorienter le IX sur un autre chemin. Et s’il y a bien un point sur lequel cela se ressent c’est le rythme effréné du film. On est typiquement devant une histoire où l’attention doit être de tous les instants. A aucun moment ou presque on prend le temps de se poser un peu pour digérer ce que l’on vient de voir auparavant. Et il se passe beaucoup de choses dans cet épisode IX. De nombreux événements loin d’être anodins se bousculent et défilent tellement vite que cela entraîne forcément une certaine frustration.

Le film fait deux heures et vingt deux minutes ce qui pour raconter une telle histoire est un bon format en soi. Mais cela n’a pas l’air d’avoir suffi pour caser autant de choses. Il existe vraisemblablement des scènes coupées et il est probable que la version longue doit être paradoxalement plus plaisante à regarder. Un simple quart d’heure supplémentaire de séquences accumulées pourrait peut être rehausser la note globale que je lui attribue. Et si ce film reste une conclusion correcte à la nouvelle Trilogie, il n’empêche qu’il n’est pas exempt d’autres défauts qui sont presque tous liés à ce problème récurrent de rythme trop rapide.

Si vous êtes arrivé.e jusqu’ici dans cet article, c’est que mon analyse vous emballe un minimum et que vous brûlez déjà d’impatience de découvrir la suite. Pour cela on va passer à la partie avec spoilers.

Partie Spoil

Pour faire dans le simple je vais vous énumérer les détails qui m’ont plu et déplu et le tout dans un ordre à peu près chronologique. J’alternerai entre récit et personnages pour mieux développer mon petit point de vue.

Vous êtes encore là ? Ok très bien alors on y va !

Générique : on nous balance comme cela tout net que l’Empereur Palpatine est vivant ! Pour rappel il était sensé avoir définitivement disparu à la fin du Retour du Jedi lorsqu’Anakin Skywalker revenu du côté Lumineux de la Force l’avait plongé dans un puits sur l’Etoile de la Mort.

Est-ce une facilité scénaristique ? Aucune trace du personnage dans les deux derniers épisodes, pas une évocation, rien. Et là d’un coup un seul il apparait dès le générique et presque dans les premières scènes qui suivent. Et pour enfoncer le clou il est accompagné d’une immense flotte de croiseurs stellaires possédant chacun le pouvoir d’annihiler une planète. Ce qui technologiquement est encore plus fort que les deux Etoiles de la Mort ou la base Starkiller.

Conclusion de cette introduction : il aurait fallu un film de plus pour narrer une telle histoire qui est trop grosse pour être digérée en seulement quelques minutes. Ce qui d’ordinaire faisait la force de Star Wars c’était justement la cohérence d’un ensemble de films combinée à une idée de génie : le générique déroulant au début de chaque nouvel épisode. Ce dernier permet à chaque fois de se passer entre chaque nouvel épisode de la moitié d’un autre film. Voire d’un long métrage tout entier.

Mais cela ne passe pas ici. Les cinq premières minutes du film donnent l’impression d’un spectaculaire virage à 180° pour remettre une histoire entière sur des rails qui d’ailleurs ne sont pas forcément les bons. En même temps après la disparition du grand méchant dans l’épisode précédent il fallait bien en faire émerger un autre pour constituer une intrigue conséquente. Mais le procédé imposé ainsi d’emblée parait léger. Ce qui est rédhibitoire dans un film d’un tel calibre.

Un traitement des personnages assez léger

Un peu plus loin dans le récit on voit revenir un autre vétéran de la franchise : Lando Calrissian. Mais il arrive presque comme un cheveu sur la soupe. Le comment il a atterri là est vite expédié et surtout on n’en saura encore moins sur les raisons qui l’ont poussé à rester si longtemps sur cette planète où se poursuit l’intrigue. Le personnage apparaitra à deux autres reprises dans le film mais cela tient plus de l’anecdote que d’un vrai second rôle.

En revanche le personnage de C3PO est plus présent qu’il ne l’était dans les deux précédents volets. Il apporte au passage dans le film une petite touche d’humour. Qui est d’ailleurs bien mieux dosé que dans Les Derniers Jedi. Les autres droides R2D2 et BB8 sont eux aussi de la partie même si leurs apparitions sont moindres et n’apportent guère de tournant décisif à l’intrigue. Décidément ce sont les épisodes d’introductions des trilogies qui leur ont offerts leurs meilleurs faits d’armes (la réparation du vaisseau dans le I, les plans cachés dans le IV pour R2D2, d’autres plans cachés dans le VII pour BB8).

Ce détail du récit avait fuité avant que le film ne sorte : la traîtrise du Général Hux. Relative déception : sa disparition est aussi brutale qu’expédiée. Cela est encore une fois lié au rythme du film qui impose ce genre de traitement minoré. Rôle un brin caricatural dans les précédents opus, son personnage aurait pu gagner en profondeur si seulement le film avait prit le temps de s’y attarder un peu. C’est dommage car l’idée de faire passer un des principaux antagonistes de la Trilogie d’un camp à l’autre était tout sauf une mauvaise idée.

Je passe le traitement accordé à des personnages comme Finn qui est clairement sous-exploité, celui de Poe qui reste décisif à défaut d’être développé… et celui de Rose qui a été littéralement dégommé d’une façon encore plus radicale que celle de Jar Jar Binks entre les épisodes I et II. Et pour ce qui est de Rey et Kylo Ren c’est encore autre chose.

La vision retoquée du concept de la Force

Passons à la suite : Rey et Kylo Ren vont être à nouveau confrontés lors de plusieurs duels. Dont un à distance. Ils ont en effet la possibilité de s’affronter sans être l’un et l’autre physiquement au même endroit. L’idée est plaisante et permet même l’introduction de quelques bons éléments narratifs pour faire avancer l’intrigue et qui resservira à un autre moment dans le film. Mais revenons à ces deux personnages.

La première renonce temporairement à devenir une Jedi et le second la traque à travers la galaxie pour pouvoir ensuite l’emmener devant Palpatine en échange d’un immense pouvoir en contrepartie. Et c’est là qu’intervient ce qui s’avère être vraisemblablement la plus grosse faute de goût de toute cette nouvelle trilogie : Rey est en réalité la petite fille de Palpatine himself. Mais quid des parents ?

Là encore l’affaire est expédiée : on aurait bien voulu avoir plus d’infos sur l’historique de cette autre famille chez qui la Force est puissante comme chez les Skywalker. Ce n’est pas qu’un détail du récit d’un seul film mais toute la structure scénaristique de la trilogie qui prend alors du plomb dans l’aile.

Ce que l’on voyait dans l’ultime plan des Derniers Jedi ne restera qu’une idée non aboutie, à savoir que la maîtrise de la Force n’est pas réservée qu’à des individus par rapport à d’autres. Et d’ailleurs aucun point de vue définitif ne pourra s’en dégager par la suite. Peut être l’occasion de donner du grain à moudre pour laisser libre cours aux futures spéculations et théories par les fans ultras?

La pirouette scénaristique est un peu légère. Il faut se rapprocher du final pour mieux la comprendre là aussi trop brièvement : les personnages de Rey et Kylo Ren forment depuis le début sans le savoir une sorte du duo mystique appelée une dyade. Si l’on résume grossièrement l’idée ce sont leurs pouvoirs associés qui peuvent détruire l’Empereur. Bref on a l’impression que le scénario cède un peu trop facilement à… la facilité ! Mais admettons.

Une émotion qui fonctionne encore

Autre spoil important mais qui est en revanche un grand moment du film : la mort de Leia. Cette dernière se sacrifie pour que son fils retourne vers la Lumière. Après avoir été vaincu par Rey puis sauvé par cette dernière, l’iconique princesse d’Alderran s’éteint.

Assurément un des plus beaux moments d’émotion du film. On ne peut s’empêcher de penser à l’actrice Carrie Fisher décédée en 2016 juste après le tournage du film précédent. L’émotion à ce moment-là fonctionne à plein. Cette séquence relève considérablement le niveau global du film. Et c’est tant mieux car louper cela aurait été très difficilement défendable.

Des facilités un peu grosses

Là où en revanche on va être beaucoup plus critique c’est sur le dernier tiers du film. On y voit s’accumuler trop de facilités mises bout à bout. Et cela encore et toujours à cause de ce fichu rythme. Je vous mentionne ici les plus notables.

On trouve donc pêle-mêle des situations comme retrouver presque intacte une ancienne salle du trône censée avoir été incinérée par explosion, refaire fonctionner un vaisseau spatial qui a passé on ne sait combien de temps sous la mer en quelques minutes ou encore éliminer avec trop de simplicité des guerriers de premier choix… Tout cela restera comme des facilités trop grosses qui ont du mal à passer.

Mais ironiquement cela passe ! Car on n’a pas le temps d’y réfléchir sur le coup ! Et puis la magie opère quand même notamment grâce à la Force qui ne permet pas toujours d’expliquer certaines choses… A contrario l’idée d’introduire la faculté de régénérer un corps (le clonage de Palpatine) ou de guèrir une blessure mortelle (pour Kylo Ren/Ben Solo et Rey) sont de très bonnes trouvailles qui passent plutôt bien.

Une énième frustration qui se dégage du film est sans contexte la bataille finale qui se joue à la fois dans les airs entre deux flottes de combat et au sol avec le triangle Palpatine / Rey / Kylo Ren redevenu Ben Solo. Le point commun des deux ? Un aspect trop sombre, bien trop sombre qui fatigue vite plus qu’il ne fascine.

Cela reste spectaculaire pour le combat au sol. Mais c’est frustrant pour le combat aérien. De même l’apparition soudaine de la flotte alliée : prendre une simple minute de plus pour visualiser les différents types de vaisseaux et de peuplades n’aurait pas été de trop… De plus on aurait pu s’attendre à une vraie bataille rangée de toute beauté et gorgée de combats individuels, d’explosions de navires de toutes sortes, etc. Mais non cela sera vite expédié puisque toute la flotte maléfique sera mise à terre de façon bien manichéenne.

Un final déjà vu

La fin enfin. Cette dernière ne peut s’empêcher de reprendre des scènes déjà iconiques. Certes l’idée est là. Pas mauvaise. Mais on aurait aimé voir quelque chose d’autre qu’une séquence déjà vue de la contemplation du double coucher de soleil sur Tatooine. Luke et Leia apparaissent alors à cet instant sous forme spectrale regardant une dernière fois Rey.

Mais où est passé le reste de la famille ? Certes Han Solo apparait sous forme de vision à son fils un plus tôt et la scène est réussie. Mais ne pas avoir mis ni l’un ni l’autre (ou au moins un des deux) dans l’apparition spectrale finale est dommage. Il y aurait pu y avoir là un plan magnifique qui lui en revanche aurait fait date.

Opinion finale

Pour conclure c’est difficile de dire si on en ressort satisfait ou non. Alors oui beaucoup de choses dans cette œuvre m’ont déplu. Mais le film n’est pas raté pour autant. On ne passe pas un mauvais moment, on savoure même quelques situations et on apprécie de voir et revoir certains personnages qui restent iconiques et ce vraisemblablement pour la dernière fois.

C’est une première impression mais qui je pense est assez honnête. Je fais souvent des critiques de films sur ce site. Mais je ne prends pas beaucoup de risques car ce sont des films de mon Panthéon personnel qui comptent pour moi. Cela va de références incontournables dont je fais l’éloge ou des longs métrages moins connus que je souhaite mettre en valeur en vous les faisant découvrir ou redécouvrir.

Je reconnais qu’écrire cette critique s’est révélé plus hardi que d’ordinaire. Je l’ai réalisé quelques jours seulement après le visionnage du film. Et j’ai eu un peu de mal à cerner mon propre propos afin que ce que je narre ici reste cohérent et pertinent.

Mais même si mon opinion est et reste mitigée, il y a dans tout cela quelque chose de rassurant. Et qui est caractéristique des bons films. Même si tout n’est pas parfait et que toute fin n’est pas forcément consensuelle, on a qu’une envie : s’en repayer une tranche.

Bref on n’a pas fini d’en parler. Fan ou pas, allez-y quand même tant qu’il est dans les salles et pas qu’une seule fois. Ne serait-ce que pour mieux savourer un must cinématographique qui ne se résume heureusement pas à un seul film. Mais bien à toute une galaxie lointaine, vraiment bien lointaine.

E D I T H D E N A N T E S

+ d’infos sur le film https://fr.wikipedia.org/wiki/Star_Wars,épisode_IX:_L%27Ascension_de_Skywalker

MAJ 07/04/2020 :

Non non et non! Je retire tout ce que j’ai dit. Avec du recul et après avoir revu les anciennes trilogies j’en conclus que SW IX est raté et toute la dernière trilogie un lamentable échec ! Fuyez !

Casino [1995]

Casino est le 14ème long métrage de Martin Scorcese. Beaucoup s’accordent à dire qu’il s’agit là – accessoirement – de l’un de ses tous meilleurs longs métrages. C’est ce que nous allons voir ici.

Une spécialité du réalisateur

Ce réalisateur emblématique italo-américain s’est fait une spécialité de narrer des histoires où les personnages se retrouvent dans des récits alliant démesure débridée et dramaturgie totale. Casino n’échappe pas à cette règle et en est même le plus bel étendard.

Lesdits personnages sont une vitrine de tout ce que la société américaine produit de plus borderline, qu’ils soient cantonnés aux basses couches sociales (Taxi Driver) ou qu’ils soient déjà bien établis (Les Affranchis). Dans les deux cas on retrouve toujours cette fascination du réalisateur pour ces histoires de marginaux, de gangsters, de drogués, de mafieux et autres individus souvent motivés par le gain facile tout se sachant inconsciemment comment cela se terminera un jour. Beaucoup d’entre-eux sont en effet aussi lucides sur leurs actions que sur leurs sorts.

Il est servi ici par un trio d’acteurs au top de leurs carrières et dont les interprétations respectives feront date elles aussi. Comme pour Raging Bull en 1980 et Les Affranchis en 1990, Scorcese fait à nouveau appel à un duo d’acteurs incarné par Robert de Niro et Joe Pesci. Le premier a déjà une carrière remarquable et est considéré comme l’acteur muse de Scorcese (en plus des deux films cités juste avant on peut aussi mentionner Mean Streets, Taxi Driver…).

Un fantastique trio

Inspiré en partie d’une histoire vraie, De Niro est parfait dans le rôle de Ace, brillant bookmaker qui se retrouve à la tête d’un des plus puissants établissements du jeu de Las Vegas, couverture idéale pour la mafia locale très bien intégrée et dont Scorcese nous fait découvrir les coulisses avec un plaisir jubilatoire.

Joe Pesci quant à lui est plus un acteur habitué aux seconds rôles mais qui trouve là un personnage à sa démesure certes assez similaire à celui qu’il tenait déjà dans ” Les Affranchis” mais cette fois dans un registre encore plus tragique (la chute est même étonnante entre guillemets car elle contrebalance d’une traite le côté parfois comique de certains aspects du personnage).

Enfin pour compléter ce duo de choc on trouve Sharon Stone qui interprète Ginger, femme fatale dont s’éprend le personnage de De Niro et qui aura un poids considérable dans l’intrigue. Considéré par beaucoup comme le dernier grand rôle notable de l’actrice, Stone est incroyable de beauté, de malice et de démons intérieurs qui lui causeront bien des torts.

Une foule de personnages entourent le trio et sont souvent reconnaissables par leurs gueules si caractéristiques qu’ont les hommes de main, les voyous en tous genres, les sbires de tout poil, etc. Petit personnel et grandes huiles se côtoient dans le monde du jeu d’argent et s’y croisent dans un tourbillon que la caméra de Scorcese filme avec un très grand brio.

Trois heures quand même

Casino fait tout de même presque trois heures et pourtant on ne s’ennuie pas un instant. Bien évidemment cela est du en grande partie à l’histoire parfaitement rythmée et la cocasserie de certaines scènes. Sans oublier l’extraordinaire garde-robe de Robert de Niro qui ne porte pas moins de 64 costumes. Sharon Stone n’est pas en reste non plus.

Ce serait oublier deux effets notables : l’emploi très fréquent de voix off qui permettent de rajouter toujours plus de détails et d’accélérer considérablement la narration. Ensuite le choix de la bande son : pas moins d’une trentaine de musiques qui s’entremêlent et qui sont pour la plupart des petits chefs d’œuvres de la musique populaire américaine des années 50 à 70. Le double album de la bande originale de Casino est tout comme son film : au poil.

Casino est un des musts de la carrière de Scorcese, il est régulièrement cité pour sa virtuosité et son rythme qui en font presque oublier sa relative longueur. A redécouvrir rapidement sinon je me verrai contraints de vous finir en vous mettant la tête dans un étau de menuisier.

E D I T H D E N A N T E S

→ Lien Wikipédia sur le film
https://fr.wikipedia.org/wiki/Casino_(film)

Le Cerveau [1969]

Un classique de comédie d’aventures des années 60 ! Un blockbuster avant l’heure. Une réussite de bout en bout. Bon vous l’aurez compris c’est le genre de film qui fait partie de mon Panthéon personnel.

Du vrai bon cinéma populaire

Le Cerveau est en effet un des sommets de ce que le cinéma dit populaire peut faire de mieux. Une excellente intrigue, de l’humour, de l’action, un zeste de romance, des personnages d’héros et d’antihéros hauts en couleur, etc.

Son casting quatre étoiles complète superbement le dispositif. Le Britannique David Niven interprète le fameux Cerveau, personnage rocambolesque inspiré directement de Gordon Goody, tête pensante du gang de Bruce Reynolds qui réalisa ce que l’on appela à l’époque le casse du siècle : la légendaire attaque du train postal Glasgow-Londres de 1963.

Jean-Paul Belmondo et Bourvil interprètent quant à eux deux voleurs à la petite semaine qui se mettent en tête de rééditer le coup du casse du siècle en tentant de dérober les fonds secrets de l’OTAN lors d’un voyage en train aussi mouvementé qu’inconfortable.

Si le premier fait preuve d’un zèle de casse coup culotté, le second est beaucoup plus réticent à s’engager à fond dans cette entreprise hautement casse-gueule. C’est ce qui constitue l’épine dorsale de ce duo comique qui fonctionne à plein comme celui que Bourvil formait avec Louis de Funès dans La Grande Vadrouille, précèdent film d’Oury sorti en 1966. L’équilibre entre Belmondo et Bourvil penche légèrement pour le premier mais cette fois-ci le second ne se fait pas cannibaliser par son binôme.

Plusieurs intrigues qui s‘entrecoupent

Et enfin on trouve Eli Wallach (le truand du Bon, La Brute et le Truand) qui joue un mafieux drolatique qui a un compte personnel à régler avec David Niven. Et notamment au sujet de sa petite sœur jouée par la splendide Silvia Monti qui irradie le film notamment lors d’une magnifique scène où on la voit séduire Niven pendant qu’elle nargue Wallach. A moins que ce ne soit l’inverse ?

Mais là où l’intrigue est détonante c’est d’avoir imaginé un scénario où l’expert du casse de haut vol, le cupide mafieux et les pieds nickelés du cambriolage convoitent le même magot sans forcément s’en rendre compte ni comprendre ce qui leur arrive respectivement lors de désopilantes scènes de courses poursuites et d’innombrables gags. Remplacer un gaz soporifique pour endormir des gardes par de vulgaires boules puantes, effiler un pull en laine avec une antenne de voiture ou provoquer un monstrueux dégât des eaux à cause d’une panthère apprivoisée en sont quelques exemples.

Le film est aussi servi par une excellente bande son. Le générique « The Brain » qui sert de thème principal est interprété par le groupe The American Breed. Et puis il y a cette magnifique chanson de pop italienne de Catarina Caselli « Cento Giorni » lors de la scène de la piscine qui elle aussi vaut le détour.

Un réalisateur en pleine gloire

Troisième grand succès de Gérard Oury après La Grande Vadrouille et Le Corniaud, Le Cerveau est aussi à ce jour le film le plus populaire de Belmondo, légende du cinéma français et figure désopilante du héros de comédie d’action (L’Homme de Rio, Le Magnifique, etc.).

Oury quant à lui a pu se faire réellement plaisir avec ce film au casting international et au budget conséquent. Cela se voit à l’image : plans tournés sur des bateaux, vues d’hélicoptères, cascades, nombreux figurants. Le tournage a eu lieu à l’époque en plein Mai 1968 ce qui posait quelques problèmes d’organisation et de logistique mais le rendu final lui est parfait.

Il faut toujours un cerveau pour réussir ce genre de « coup ». Merci M. Oury pour ce classique qui n’est pas prêt de finir en rade. Cette dernière tirade était un clin d’œil pour le France, paquebot transatlantique qui apparait dans le film. Nostalgique d’une époque de cinéma révolue moi ? Non juste cinéphile qui parle un peu trop !

E D I T H  D E  N A N T E S

→ Lien Wikipédia sur le film
https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Cerveau#Acteurs

→ Lien Wikipédia sur l’attaque du train Glasgow-Londres qui inspira le film
https://fr.wikipedia.org/wiki/Attaque_du_train_postal_Glasgow-Londres

The Green Hornet [2011]

Si vous n’avez pas encore vu ce film injustement mésestimé il est urgent de se faire une séance de rattrapage. Explication.

Un surdoué de l’image

S’étant fait remarquer dans les années 90 avec une série de courts métrages et de vidéoclips à succès pour des artistes comme Björk et Daft Punk entre autres, Michel Gondry accède à un statut de réalisateur surdoué qui arrive à combiner succès critique et public avec son Eternal Sunshine of the Spotless Mind en 2004. Il confirme par la suite avec La Science des rêves en 2006 et Soyez Sympas, Rembobinez (Be Kind Rewind) en 2008.

Puis vint le projet du Green Hornet qui avait déjà été esquissé presque quinze ans auparavant. Le concept n’avait pas pu se concrétiser en film car Universal la major de l’époque avait annulé la commande au bout de quelques mois. Gondry a pu réaliser son rêve lorsque Sony a racheté les droits dans les années 2000.

A une différence près : cette fois-ci il ne s’agissait plus d’un film personnel avec une vision et un scénario propre au réalisateur mais bien un format de type blockbuster. C’est le rendu final à la sauce hollywoodienne qui a fortement déplu à la critique qui a plutôt eu tendance à descendre le film alors qu’il est loin d’être si raté.

Tout sauf inintéressant

Il serait dommage de se priver d’un tel spectacle car si Green Hornet détonne un peu dans la filmographique de son réalisateur, il n’en reste pas moins un film loin d’être inintéressant bien au contraire. Je ne vous ai pas perdu là c’est bon ? Allez, on continue.

Librement adapté de ses illustres prédécesseurs (tour à tour une série radiophonique dans les années 30, un comics dans les années 50 et une série télévisée dans les années 60 avec Bruce Lee), le film de 2011 reste néanmoins un très bon divertissement. Certes la réalisation est plus conventionnelle par rapport à ce que Gondry avait d’ordinaire l’habitude de réaliser. Que les amateurs se rassurent : même moins présents que dans ses autres productions, on y trouve quand même pas mal d’effets et trouvailles visuelles qui sont une des marques de fabrique de Gondry. Et globalement l’idée de départ reste bonne, le rythme est assez fluide et l’intrigue tient la route.

Une esthétique propre

A propos de route, on ne se lasse pas d’embarquer dans la splendide Black Beauty, véhicule des superhéros du film qui détonne par son look et ses gadgets éclectiques (pouvoir écouter de la musique sur une platine vinyle embarquée est aussi improbable que jouissif). Ce modèle de Chrysler Imperial joue pour beaucoup dans l’esthétique du film et constitue narrativement indirectement un des points de départ entre les deux protagonistes principaux : le fils à milliardaire qui va se transformer par hasard en Green Hornet et son homme à tout faire, bricoleur de génie du nom de Kato (le personnage de Bruce Lee dans la série télé).

Ah oui il faut le préciser : le Green Hornet et son acolyte Kato ne sont pas vraiment des superhéros ordinaires. En effet si ces derniers n’ont pas de super pouvoir particulier, ils ont en revanche une bonne part de culot et d’inventivité à revendre. De plus si le film a un esprit directement issu d’un comics, la trame évolue ici dans le monde contemporain et il n’y aucun lien ou élément d’arc narratif de type Marvel Universe ou DC Comics. Vous ne souffrirez donc pas de vous dire dans quel autre film vous avez déjà vu cette intrigue et ses personnages rocambolesques.

La tentation de spoiler

J’aimerais tellement vous en dire plus mais je vais vite tomber dans le spoil alors voilà ne tardez plus et foncez voir cette petite perle oubliée qui vaut vraiment le détour. Et un dernier atout supplémentaire : la présence de Christoph Waltz qui incarne un méchant aussi inquiétant qu’irrésistible de drôlerie.

Je repense à une scène en particulier. Le genre de scène improbable que l’on découvre par hasard quand on pratique du zapping. Vous savez lorsque vous tombez sur un film dont on ne soupçonnait jusqu’ici même pas l’existence tant cela a l’air dingue. C’est une image qui résume un peu l’esprit de ce film. Délirant et coloré. C’est typiquement le cas avec Green Hornet.

Et puis il y a des choses plus graves dans la vie. Comme une maladie vénérienne par exemple.

E D I T H  D E  N A N T E S

→ Lien wikipédia sur le film
https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Green_Hornet_(film,_2011)

“Joker” [2019]

Assurément un des films coup de poing de l’année. Dans tous les sens du terme.

Grand film

Le réalisateur américain de Joker n’est ni plus ni moins que Todd Phillips. Oui c’est bien le même qui jusqu’ici avait versé (avec réussite) dans la comédie (la trilogie Very Bad Trip) ou dans le thriller War Dogs qui malgré son histoire véridique comportait une bonne dose d’humour. Humour noir certes mais humour quand même.

Ici dans Joker on aura du mal à trouver le même type de traitement tant la forme et le fond sont résolument tragiques. Il règne en effet une tension palpable de bout en bout dans cette claque de deux heures d’une descente aux enfers individuelle, le tout sur fond de révolte latente d’une société entière qui n’attend qu’une étincelle pour s’embrasser.

Le rôle-titre étant directement tiré de l’univers des comics, il est donc normal de retrouver des éléments de l’univers Batman dans son intrigue principale. Mais tout du long on n’a que peu l’impression d’être dans un film adapté des aventures du Chevalier Noir. Certes Joker raconte la genèse d’un des antagonistes les plus mémorables du cinéma et de l’univers Batman. Mais cette histoire peut se regarder et surtout s’apprécier même si vous n’avez que peu de connaissances et/ou d’attirance pour cet univers de supers héros comme de leurs adversaires hauts en couleurs et forcément relativement charismatiques pour beaucoup d’entre-eux.

Grande interprétation

Et que dire de la performance qui fera date de Joachim Phoenix (La Nuit Nous Appartient, Two Lovers, Her, The Sisters Brothers…) décidément abonné aux grands rôles?

Succédant à une longue suite d’acteurs qui ont tous livrés des performances du personnage propres à leurs jeux personnels et aux scénarios de différents films respectifs, Phoenix livre ici une partition incroyable de sincérité et d’une bouleversante crédibilité. On a rarement interprété la tourmente, le mal-être et la folie de façon si criante et si mémorable.

Comme l’étaient à leur époque des films notables comme Orange Mécanique ou Taxi Driver, c’est à la fois un spectacle qui dérange tout autant qu’il fascine. Jamais dans la surenchère, le personnage va peu à peu se déshumaniser à force de se prendre d’innombrables coups de la vie et de perpétuellement se redécouvrir. A tel point que l’on ne sait jamais pendant très longtemps où est la limite finale qui le fera définitivement basculer vers le côté obscur.

Ce personnage décidément hors normes du pire ennemi de Batman n’en finit pas de dérouter tant son évolution d’humain à créature nous entraîne dans une vertigineuse descente jusqu’aux tréfonds d’une âme tourmentée qui n’arrive jamais à trouver un éventuel salut ou même une simple échappatoire.

Qui est le vrai méchant dans l’histoire ?

Sans trop vous gâcher le plaisir si vous ne l’avez pas vu, on peut néanmoins insister sur l’aspect incroyablement pesant de l’ambiance générale qui règne sur le dernier tiers du film. On y découvre la folie criminelle naissante du Joker bien évidemment et qui apparaît par touches de façon particulièrement crue. Dans des gestes mais aussi dans des raisonnements qui interpellent forcément le spectateur et la spectatrice. Et cela force à se poser quelques questions : quelle est la vraie nature du Bien et du Mal, de la Lumière et de l’Ombre, de la Raison et de la Folie.

Le discours du film tend alors à se révéler plus noir, rendant l’atmosphère encore plus sombre. On atteint alors une forme de paroxysme cérébral comme on en avait plus vu depuis longtemps au cinéma. A se demander qui est le vrai méchant dans cette histoire. La société ? Ou les monstres qu’elle engendre ?

En somme Joker est peut-être le film le plus fasciste depuis l’extraordinaire Fight Club de David Fincher en 1999. Depuis ce film il n’y avait pas vraiment eu d’autre œuvre plus marquante sur ce type de thématique d’individus dressés les uns contre les autres au sein d’une société en plein déliquescence.

Même d’autres grands réalisateurs comme Nolan n’y étaient pas complétement parvenus. Les deux derniers volets de sa trilogie Dark Knight (où était présent un Joker magistralement interprété par le regretté Heath Ledger) étaient pourtant fortement imprégnés par un aspect qui flirtait avec le malaise d’une société corrompue et un certaine sentiement d’insurrection générale. Là aussi menée par un petit nombre d’individus très déterminés face à une majorité d’autres complétement dépassée par les événements (The Dark Knight Rises).

Une chose est sûre : comme son personnage principal, vous sortirez forcément un peu sécoué(e) de de cette expérience pure de cinéma. Une œuvre de ce calibre ne peut se digérer aussi vite que fumer une simple cigarette. Un conseil : allez boire une bière après.

E D I T H D E N A N T E S

→ Lien Wikipédia sur le film
https://fr.wikipedia.org/wiki/Joker_(film,_2019)

→ Un autre sur l’univers Batman DC Comics (section des antagonistes dont le Joker)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Batman#Ennemis

Deux Moi [2019]

Une comédie dramatique d’aujourd’hui signée Cédric Klapisch qui fait du bien.

Une romance mitoyenne

Le pitch de départ de cette comédie douce-amère est le suivant : deux célibataires vivants chacun et chacune dans leurs appartements respectifs situés dans deux immeubles mitoyens se croisent mais ne se voient jamais. Les deux trentenaires isolés sont en proie à des états passagers de déprime latente et de résignation.

Noyés dans un quotidien assez terne du travail et dans la routine du métro-boulot-dodo (l’un n’arrive plus à trouver le sommeil, l’autre dort trop), nos deux héros vont alors tenter de remonter la pente de la dépression chronique qui les guette.

Quelques petits faits anodins vont rapidement leur révéler cet état de fait et les incitera à pousser les portes deux psychologues (joués par une délicieusement drôle Camille Cotin et un François Berléand qui parle peu mais qui vise toujours juste).

François Civil (“Le Chant du Loup“, “Mon Inconnue“) et Ana Girardot (“Ce qui nous lie“) forment un duo efficace et ce même s’ils ne partagent pas de scènes conventionnelles où s’échangent des répliques. Mais ils apparaissent néanmoins ensemble dans de nombreux plans (notamment lorsqu’on les voit contempler mélancoliquement le lointain sur leurs balcons respectifs).

Enfin quelques petits rôles discrets mais notables sont irrésistiblement comiques et vont même involontairement avancer l’intrigue (Zinedine Zoualem en pharmacien un peu coincé et surtout Simon Abkarian en épicier drolatique). A noter aussi une apparition désopilante de Pierre Niney (ancien comparse de Civil dans la série Casting(s) et dans Five qui tente tant bien que mal de raviver les souvenirs de collège-lycée de son pote).

2.0 quand tu nous tiens

Chronique amusante des travers des réseaux sociaux, on en sait un peu plus en ressortant sur comment trouver l’âme sœur grâce à la technologie. Pour le meilleur (retrouver un ancien camarade de classe pour Rémi) comme pour le pire (enchaîner les relations disparates pour Mélanie).

Dans ces deux cas extrêmes, le film fait beaucoup rire et parfois même avec une touche de d’humour caustique. Le monde du travail en prend également pour son grade (la pression que subit Mélanie pour la préparation d’une présentation collective, le côté déshumanisant d’une activité terriblement routinière pour lui).

Cette comédie réserve aussi ces rares mais nécessaires instants à tonalité plus grave comme Klapisch nous y a souvent habitués dans ses précédents films (« Le Péril Jeune », « Un Air de Famille », « Paris »). Rien de larmoyant, juste des scènes qui donnent un peu plus de profondeur à la légèreté de l’ensemble.

Et puis comme le dit de manière totalement désabusée la psy de Mélanie « les réseaux sociaux ont tué les relations sociales ». Mais cela n’a pour l’instant encore trop empêché les gens de danser lorsque l’envie leur prend. Encore une méthode parmi d’autres qui fonctionne toujours pour faire des rencontres.

E D I T H D E N A N T E S

→ Lien Wikipédia sur le film
https://fr.wikipedia.org/wiki/Deux_moi

“Yesterday” [2019]

Une comédie réjouissante à souhait et dont l’idée de base est aussi simple que cocasse : et si les Beatles n’avaient jamais existés ?

Une histoire singulière

Cinéaste percutant dès ses débuts (Petits Meurtres entre Amis et surtout Trainspotting), un peu moins inspiré ensuite (La Plage, Sunshine) jusqu’à la consécration internationale (Slumdog Millionnaire), le réalisateur britannique Danny Boyle nous offre avec Yesterday une comédie romantique sur fond d’uchronie où les quatre de Liverpool sont désormais inconnus des pages Wikipédia.

Sans pour autant vous ôter le plaisir de regarder Yesterday, il faut savoir qu’il n’est pas impossible même si cela n’a pas été formellement prouvé que cette histoire ait été plagiée sur une bande dessinée française et un manga japonais datant tous les deux d’une dizaine d’années avant la genèse de ce film.

Mais bon. Autant essayer de prouver que le vrai Paul Mc Cartney est mort en 1967 et que celui que nous connaissons actuellement n’est qu’un sosie (des conférenciers un brin complotistes mais réellement sincères dans leur démarche tournent de par le monde depuis des décennies pour défendre cette théorie…)

Côté rythme on ne s’ennuie pas un instant. Tout comme son personnage principal Jack Malik (Himesh Patel), on est porté de bout en bout par cette histoire qui nous dépasse tant les choses vont vite.

Se rendant compte suite à un accident qu’il est désormais la seule personne au monde à se souvenir de la musique des Beatles, Jack va alors se faire connaître très rapidement en interprétant une bonne partie du répertoire qu’il connaît bien en tant que musicien qui jusque-là n’arrivait pas à percer.

Pas de fausse note

Danny Boyle livre ici un bon film réalisé sans fausse note car il reprend la musique des Beatles non pour l’empailler mais plutôt pour la faire revivre de plus belle. A tel point que l’on danse plus d’une fois sur son siège ce qui est jouissif et plutôt bon signe. Pour ce qui est des titres plus mélodiques comme des ballades à la Let It Be ou The Long And Winding Road c’est en revanche un peu moins émouvant qu’on aurait pu croire. Mais cela n’enlève rien à la force de ces splendides titres ni au charme du long métrage.

Le film ne sombre pas non plus dans les méandres de la comédie romantique conventionnelle. Le duo que le personnage de Malik fait avec sa meilleure copine (interprétée par une Lily James tour à tout mutine et sensible) fonctionne à plein et leur complicité à l’écran est réciproque. Cela forme une seconde histoire jamais larmoyante et qui reste très crédible dans son déroulement narratif (et que je ne vous spoilerai pas ici).

A noter entre autres savoureux gags toujours liés à cette uchronie la participation d’Ed Sheeran dans son propre rôle. Il a du bien s’amuser lors de cette expérience. Ce dernier se moque en effet gentiment de lui-même, reconnaissant entre deux crises de jalousie naissante qu’il n’est pas au niveau du talent exceptionnel de Jack Malik. Et qu’il ne sera désormais juste utile que pour faire ses premières parties !

La bande son

En plus de la musique, de nombreuses références à l’univers des Beatles sont présentes et parfois sous des angles qui sont plus que des clins d’oeil : la ballade dans Liverpool en est un des exemples les plus représentatifs et ravira les fans hardcores notamment.

L’apparition touchante d’un John Lennon vivant en solitaire au bord de la mer (joué par un Robert Carlyle méconnaissable) est peut être d’ailleurs un des rares moments où le film ralentit pour proposer au héros et au spectateur un temps de réflexion non négligeable.

Une bande originale réinterprétée

Le film bénéficie également d’une excellente bande son qui reprend forcément les titres les plus emblématiques du catalogue du groupe et qui sont trop nombreux à vous narrer ici. Et on trouve en plus de ces incontournables classiques quelques titres moins connus qui donnent à l’ensemble un aspect moins best of (I Saw Her Standing There, Carry That Weight, In My Life).

Tous les titres sont interprétés par l’acteur Himesh Patel qui livre ici des performances très correctes qui raviront à la fois les fans et les néophytes. Eh oui ça existe aussi. Je sais que cela parait étonnant de dire cela mais le temps passant, les goûts changent aussi et même si elle incroyablement universelle et populaire, la musique des Beatles peut commencer à n’être plus perçue comme une évidence pour les plus jeunes générations.

Gageons que ce film pourra lever les éventuels doutes des personnes qui ne sont pas familières de cette musique qui est et restera désormais du classique au plus pur sens du terme. Au même titre que Mozart comme dirait Sheeran.

E D I T H D E N A N T E S

→ Article sur le potentiel plagiat (afin que vous puissiez vous faire vous-même votre propre idée) :
https://www.lesinrocks.com/2019/07/05/cinema/actualite-cinema/yesterday-le-film-sur-les-beatles-a-t-il-plagie-son-concept/

→ Lien Wikipédia sur le film
https://fr.wikipedia.org/wiki/Yesterday_(film,_2019)