Michel Polnareff “Polnareff’s” [1971]

Michel Polnareff fait partie de ces artistes un peu hors normes dans tous les sens du terme. Et ce n’est pas cet album sorti en 1971 qui dira le contraire !

Album de la confirmation

Après être apparu en 1966 avec son génial Love Me Please Love Me et ses splendides tubes tels que “L’Amour Avec Toi“, “La Poupée qui Fait Non” et son inégalable morceau titre, Polnareff réédite le coup en 1968 avec “Le Bal des Laze” (le morceau titre là encore mais aussi “Le Roi des Fourmis“, “Âme Câline“, “Y’a qu’un Ch’veu“).

Troisième album du génial mélodiste, Polnareff arrive cette fois à faire plus qu’une simple collection de chansons. On dirait là que l’artiste a souhaité plutôt créer une sorte de paysage musical bâti sur une richesse mélodique forte, mélange de pop anglosaxonne et de musique classique. Les arrangements de cordes et de cuivres sont au top, la voix est sensuelle comme jamais, les textes toujours aussi accrocheurs et les tubes sont encore une fois au rendez-vous.

Parmi les classiques du répertoire de cet artiste alors à la pointe de son art on trouve “Né dans un ice-cream” et “Qui a tué grand’maman?” superbes compos qui prouvent que l’on peut faire du tube de radio tout en étant d’une richesse mélodique sans pareil.

Un cran au-dessus

Hormis Charles Aznavour, Serge Gainsbourg et Jacques Dutronc qui ont chacun leurs styles respectifs, il est évident que Michel Polnareff dépassait d’une coudée tous les autres grands artistes de l’époque. En effet et c’est peut être ce qui différencie notablement Polna de tous ses contemporains c’est cette extraordinaire versatilité à gérer la production entière de sa discographie, de l’écriture (en partie réalisée avec Jean-Louis Dabadie) aux enregistrements et arrangements qui embellissent le tout.

Ce genre de disque le prouve tant que tout semble d’une cohérence rare et d’une maîtrise parfaite. Quelques passages instrumentaux traversent l’album pour notre plus grand plaisir (l’intro “Voyages“, “Computer’s Dream“, “Mais Encore“) et démontrent tout le talent mélodique de Polnareff.

Touché par la grâce

Petite, Petite est une sorte de medley pastiche de quelques-uns des précédents titres de l’artiste, tour à tour chantés presque en chuchotant puis en voix haut perchée. En apparence anecdotique, ce titre se révèle d’une incroyable virtuosité tout comme le jazzy pop “Né dans un Ice-cream“. Plus épuré, “Qui a Tué Grand-Maman” n’en demeure pas moins un très beau moment gorgé d’émotion.

Hey You Woman” est un must qui à défaut d’avoir été un tube n’en est pas moins un formidable morceau de concert dont le refrain chanté en anglais par un chœur gospel est tout bonnement divin. “A Minuit, A Midi” est une balade touchée par la lumière divine dont les arrangements n’auraient pas fait tâche sur la bande originale de La Folie des Grandeurs.

Cette musique est celle du film de Gérard Oury sorti également en 1971 avec Yves Montand et Louis De Funès. Pour l’anecdote ce dernier dira lors d’une interview commune lors de la promotion du film que ce n’était “pas normal que la musique de Michel ne soit pas encore en vente au moment même où le film était en salles“. La scène est amusante car on y voit un Polnareff très timide légèrement en retrait remerciant chaleureusement un De Funès réellement enthousiaste sur le qualité de sa musique.

Composée en intégralité par Polnareff très peu de temps avant, cela se ressent sur son Polnareff’s. Ou plutôt non cela s’entend.

E D I T H  D E  N A N T E S

Tracklist :
01 Voyages (instrumental) (2:52)
02 Né dans un Ice-cream (3:22)
03 Petite, petite (3:20)
04 Computer’s Dream (instrumental) (4:16)
05 Le Désert n’est plus en Afrique (3:04)
06 Nos mots d’amour (3:13)
07 … Mais encore (instrumental) (2:15)
08 Qui a tué Grand’maman? (2:37)
09 Monsieur l’Abbé (3:30)
10 Hey You Woman 5:21)
11 À minuit, à midi (3:36)

→ Lien Wikipédia sur Michel Polnareff
https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Polnareff

→ Site officiel Compte Twitter
https://twitter.com/MICHELPOLNAREFF?ref_src=twsrc%5Egoogle%7Ctwcamp%5Eserp%7Ctwgr%5Eauthor

Le Mai Tai

Ah le Mai Tai… Ce super breuvage que l’on prononce Maï Taï est une véritable institution en Amérique. Moins populaire que la Pina Colada et moins répandu que le Mojito, ce cocktail à base de rhum est un truc de connaisseurs mais qui ravira également les néophytes qui apprécient cette base d’alcool. Ne perdons pas plus de temps et passons à la suite des hostilités.

L’origine

Ce cocktail a été inventé dans les années 40 en pleine Seconde Guerre mondiale sur la côte ouest des Etats-Unis. L’année exacte serait 1944 et son inventeur se dénomme Victor J. Bergeron, un restaurateur d’Oakland qui appréciait tout particulièrement le rhum et les cocktails.

Vous n’y avez peut-être pas forcément prêté attention mais ce cocktail typiquement américain fait des apparitions furtives dans de nombreux films et séries. Je pense notamment à des films récents comme Ave Caesar des frères Cohen en 2016 ou Midway de Roland Emmerich en 2019. Je n’ai pas pu vérifier de façon certaine mais il n’est pas impossible qu’il apparaisse aussi dans les Mad Men. Même si le Old Fashionned reste bien évidemment son breuvage favori, le Mai Tai est le genre de cocktail que n’auraient pas renié Don Draper et ses acolytiques.

La recette

Pour faire un bon Mai Tai, prenez un verre de type old fashionned (dénommé ainsi car le cocktail du même nom se sert précisément dans ce type de verre). Vous pouvez aussi utiliser ou un verre à vin de grande taille. Versez dans un shaker une dose de 3cl de rhum blanc de type St James. Puis une seconde dose de 3cl également de rhum ambré St James. Vous pouvez trouver facilement cette marque dans le commerce traditionnel. C’est un alcool de bonne facture et qui se vend à un prix pas trop ruineux.

Rajoutez-y un train de Cointreau ou de Triple Sec à hauteur de 3cl. Cette liqueur d’orange va être immédiatement suivie d’un jus de citron vert pressé à hauteur de 2cl (que vous obtenez en pressant la moitié d’un citron lime de taille correcte). Rajoutez-y ensuite un trait de sirop d’orgeat et un trait de sirop de canne à sucre. Le premier fait le liant entre les deux agrumes (la liqueur et le citron) et le second contrebalance leur amertume commune.

Contenu et Contenant

Bombardez de gros glaçons et secouez le tout pendant dix à quinze secondes au shaker. Comme pour la Margarita là encore il y a deux écoles pour le servir. Tout va dépendre de la taille des verres. Et accessoirement du nombre de convives à servir ! Si vous optez plutôt pour des verres old fashionned, filtrez alors le contenu du shaker en conservant les glaçons dans ce dernier.

Si vous avez opté pour des verres à vins, n’hésitez pas à verser quelques-uns des glaçons directement avec le breuvage dans chaque verre. Etant donné qu’il y a plus de volume à remplir, le simple fait de verser les glaçons avec le liquide permettra de remonter le niveau de votre cocktail et de le rendre plus présentable (servir un verre qui est à moitié plein reste aux yeux de beaucoup un verre à moitié vide…)

Enfin on vous les déconseille de servir ce cocktail dans un verre en forme de V qui reste celui typique des cocktails dans l’imaginaire populaire. Ce dernier n’est en effet pas vraiment adapté pour le Mai Tai.

Bonne dégustation et surtout gare aux abus. C’est en effet un cocktail particulièrement traître ! Donc à consommer avec modération !

E D I T H  D E  N A N T E S

→ Lien Wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mai_Tai

→ Un site de cocktails bien ficelé
https://www.1001cocktails.com/

Casino [1995]

Casino est le 14ème long métrage de Martin Scorcese. Beaucoup s’accordent à dire qu’il s’agit là – accessoirement – de l’un de ses tous meilleurs longs métrages. C’est ce que nous allons voir ici.

Une spécialité du réalisateur

Ce réalisateur emblématique italo-américain s’est fait une spécialité de narrer des histoires où les personnages se retrouvent dans des récits alliant démesure débridée et dramaturgie totale. Casino n’échappe pas à cette règle et en est même le plus bel étendard.

Lesdits personnages sont une vitrine de tout ce que la société américaine produit de plus borderline, qu’ils soient cantonnés aux basses couches sociales (Taxi Driver) ou qu’ils soient déjà bien établis (Les Affranchis). Dans les deux cas on retrouve toujours cette fascination du réalisateur pour ces histoires de marginaux, de gangsters, de drogués, de mafieux et autres individus souvent motivés par le gain facile tout se sachant inconsciemment comment cela se terminera un jour. Beaucoup d’entre-eux sont en effet aussi lucides sur leurs actions que sur leurs sorts.

Il est servi ici par un trio d’acteurs au top de leurs carrières et dont les interprétations respectives feront date elles aussi. Comme pour Raging Bull en 1980 et Les Affranchis en 1990, Scorcese fait à nouveau appel à un duo d’acteurs incarné par Robert de Niro et Joe Pesci. Le premier a déjà une carrière remarquable et est considéré comme l’acteur muse de Scorcese (en plus des deux films cités juste avant on peut aussi mentionner Mean Streets, Taxi Driver…).

Un fantastique trio

Inspiré en partie d’une histoire vraie, De Niro est parfait dans le rôle de Ace, brillant bookmaker qui se retrouve à la tête d’un des plus puissants établissements du jeu de Las Vegas, couverture idéale pour la mafia locale très bien intégrée et dont Scorcese nous fait découvrir les coulisses avec un plaisir jubilatoire.

Joe Pesci quant à lui est plus un acteur habitué aux seconds rôles mais qui trouve là un personnage à sa démesure certes assez similaire à celui qu’il tenait déjà dans ” Les Affranchis” mais cette fois dans un registre encore plus tragique (la chute est même étonnante entre guillemets car elle contrebalance d’une traite le côté parfois comique de certains aspects du personnage).

Enfin pour compléter ce duo de choc on trouve Sharon Stone qui interprète Ginger, femme fatale dont s’éprend le personnage de De Niro et qui aura un poids considérable dans l’intrigue. Considéré par beaucoup comme le dernier grand rôle notable de l’actrice, Stone est incroyable de beauté, de malice et de démons intérieurs qui lui causeront bien des torts.

Une foule de personnages entourent le trio et sont souvent reconnaissables par leurs gueules si caractéristiques qu’ont les hommes de main, les voyous en tous genres, les sbires de tout poil, etc. Petit personnel et grandes huiles se côtoient dans le monde du jeu d’argent et s’y croisent dans un tourbillon que la caméra de Scorcese filme avec un très grand brio.

Trois heures quand même

Casino fait tout de même presque trois heures et pourtant on ne s’ennuie pas un instant. Bien évidemment cela est du en grande partie à l’histoire parfaitement rythmée et la cocasserie de certaines scènes. Sans oublier l’extraordinaire garde-robe de Robert de Niro qui ne porte pas moins de 64 costumes. Sharon Stone n’est pas en reste non plus.

Ce serait oublier deux effets notables : l’emploi très fréquent de voix off qui permettent de rajouter toujours plus de détails et d’accélérer considérablement la narration. Ensuite le choix de la bande son : pas moins d’une trentaine de musiques qui s’entremêlent et qui sont pour la plupart des petits chefs d’œuvres de la musique populaire américaine des années 50 à 70. Le double album de la bande originale de Casino est tout comme son film : au poil.

Casino est un des musts de la carrière de Scorcese, il est régulièrement cité pour sa virtuosité et son rythme qui en font presque oublier sa relative longueur. A redécouvrir rapidement sinon je me verrai contraints de vous finir en vous mettant la tête dans un étau de menuisier.

E D I T H D E N A N T E S

→ Lien Wikipédia sur le film
https://fr.wikipedia.org/wiki/Casino_(film)