“Shaun Of The Dead” [2004]

Comment décrire cette curiosité cinématographique sans en rigoler au préalable ? A sa simple évocation il est en effet difficile de ne pas se réjouir d’avance lorsque l’on a déjà eu l’occasion de voir ce film. On va voir cela ensemble.

Un cocktail détonnant

Mélange improbable de comédie amoureuse et de film de morts-vivants, Shaun of The Dead a été un des films surprise du box office 2004. Déjà quinze ans ça ne rajeunit personne et surtout pas moi. Mais en tout cas même quinze plus tard cela fait toujours autant plaisir à voir.

Ce film fut à la fois un succès public et critique et est considéré désormais comme un standard des meilleurs films d’horreurs réalisés sur les morts-vivants. Cela doit beaucoup au talent d’écriture de ses auteurs qui ont su y insuffler un humour tordant au servive d’un récit très bien rythmé où on ne s’ennuie pas un instant.

Coscénarisé par les deux meilleurs potes du monde, Simon Pegg et Nick Frost, et réalisé par Edgar Wright, Shaun of The Dead est tout simplement un petit bijou d’humour absurde à l’anglaise distillé dans un film où l’impossible se produit (le retour des morts vivants). A moins que cela ne soit l’inverse : un énième film d’épouvante comme on en a vu des dizaines mais dont l’humour décapant et le comique de situation parviennent à en faire un standard décidément pas comme les autres.

Il y a du réel génie dans l’esprit des scénaristes qui sont également les acteurs principaux du film. Simon Pegg interprète Shaun, employé de boutique dont la vie hésite toujours entre sa copine et son meilleur pote un brin envahissant (l’irrésistible Nick Frost).

Un jour tout change!

Tout change le jour où à la suite d’une énième bourde sa copine le largue. Car c’est aussi le moment où les morts vivants décident de venir semer leur zone dans le quotidien de Shaun. Et qui ne réalise pas immédiatement ce qui se passe…

S’ensuivent alors une série de gags tous plus mémorables les uns que les autres. Attention je vous spoile là un. Il s’agit de la scène où ils doivent trier des disques vinyles qui leur servent d’armes improvisées pour esquinter les zombies : c’est personnellement une de mes favorites et cela symbolise assez bien l’humour décalé qui caractérise tout le long métrage.

Pour celles et ceux qui aiment bien le côté gore de ce genre de production, sachez que vous aurez aussi votre dose de flippe. Le côté subtilement inquiétant d’autres séquences du film vient toujours rappeler que la situation peut déraper à tout moment. Et que personne n’est certain de s’en sortir au finish.

La Trilogie Cornetto

On ne vous en dit pas plus si vous n’avez jamais vu ce film dont deux fausses suites sortiront après et élaborées là aussi sur un mix entre les genres (Hot Fuzz en 2007 et Le Dernier Pub avant la Fin du Monde en 2012). Ce coup-ci il s’agira de marier dans le premier le film de flics avec le thriller, et la science-fiction avec le film de potes dans le second. So British !

Petit détail supplémentaire ces films composent une trilogie qui a été surnommée la Trilogie Cornetto car des références à cette marque de glace apparaissent toujours à un moment ou à un autre dans les trois films. Et quand les personnages ne s’en enfilent pas au cours du film, cela peut se manifester par un sachet qui vole au vent à la toute fin d’un autre.

That’s all folks !

E D I T H D E N A N T E S

→ Lien Wikipédia sur le film
https://fr.wikipedia.org/wiki/Shaun_of_the_Dead

Seal “IV” [2003]

Voilà un disque qui se laisse apprécier. Il s’agit du quatrième LP de Seal. Sous un titre un brin simpliste se cache une petite pépite des années 2000 qui se savoure comme du nectar.

Un enfant naturel

Seal a souvent été considéré comme une sorte d’enfant naturel de grands noms de la soul music, de Marvin Gaye à Curtis Mayfield en passant par Stevie Wonder ou encore les Temptations. Sa voix chaude et ses compositions soignées (l’album II en 1994 avec “Kiss From A Rose“) en ont fait une des plus belles voix noires de la scène britannique des années 90 et 2000.

Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’il a enregistré deux albums complets de reprises de standards soul en 2008 et 2012. Mais la galette qui nous intéresse aujourd’hui est antérieure à ces disques et est une production de sa main.

Pas de nouvelles pendant cinq ans

Lorsqu’il sort fin 2003 ce quatrième opus intitulé sobrement IV, Seal revient sur le devant de la scène après une pause de cinq années sans nouvel album. Hormis “Les Mots” un duo notable avec Mylène Farmer en 2001, il n’avait en effet pas proposé de nouveau matériel depuis Human Beings en 1998, album très beau mais peut être un peu trop mélancolique et qui n’avait pas trouvé son public à ce moment-là.

IV est un peu l’exact opposé du précédent album du colosse à la voix d’or. Résolument positif et proposant le meilleur contenu depuis II en 1994 et le plus varié depuis ses débuts en 1991 sur son premier album éponyme (“Crazy“, “Killer”), ce disque est un petit bijou de pop soul.

Une collection de chansons

Il alterne subtilement titres festifs (“Get It Together” qui ouvre la tracklist ou “Waiting For You” beaux comme du Marvin Gaye) et ballades qui tuent : le tube “Love’s Divine“, la puissante “Don’t Make Me Wait”  ou la délicate “Touch” (dont la version acoustique parue un an après sur un best of est encore meilleure).

On a aussi droit à des morceaux qui détonnent un peu dans la musique habituelle de Seal comme le magnifique “Where There’s Gold” où sa voix prend des envolées rasta ou encore “My Vision” qui est truffé de multiples effets sonores qui amplifient considérablement le titre pour en faire un must en concert.

Par la suite, Seal continuera de sortir d’autres albums. Même si ces derniers sont très corrects, aucun d’eux jusqu’ici n’a pu égaler IV, arrangé pour la dernière fois par le légendaire producteur Trevor Horn, ex-membre des Buggles et de Yes et responsable parmi moults productions du son de Frankie Goes To Hollywood ou de Grace Jones.

Peut être que cette relative baisse de qualité possède un lien avec la fin de cette collaboration ? Qu’importe. Le mieux est d’écouter ou de réécouter ce disque essentiel qui restera encore pour longtemps un grand album de soul moderne et qui devrait fort logiquement très bien vieillir.

A prolonger en live

Enfin un autre album notable de Seal est à noter pour prolonger le plaisir. Sorti en 2006 et intitulé A Night To Remember, il s’agit d’ un concert enregistré en Allemagne avec l’aide d’un orchestre philarmonique au complet qui réinterprète tubes reconnus et titres plus discrets dans des versions de toute beauté.

Et bien évidemment une place importante est accordé dans le concert à ce quatrième album sorti quelques années avant. Cela permet de donner une épaisseur encore plus notable à cette impeccable production.

Tracklist:
01. Get It Together (4:25)
02. Love’s Divine (4:35)
03. Waiting for You (3:44)
04. My Vision (4:48)
05. Don’t Make Me Wait (4:32)
06. Let Me Roll (3:53)
07. Touch (5:22)
08. Where There’s Gold (5:12)
09. Loneliest Star (4:06)
10. Heavenly… (Good Feeling) (5:02)
11. Tinsel Town (5:52)
12. Get It Together (Reprise) (1:06)

→ Site officiel
http://www.seal.com/

→ Lien wikipédia
https://fr.wikipedia.org/wiki/Seal

Les gens qui parlent fort

Le coup de gueule du jour : les gens qui parlent fort.

C’est tout de même incroyable. Personnellement ça ne me viendrait pas à l’idée. Quel que soit l’endroit ou la situation. Sauf en étant un peu dans un état second après avoir abusé de certains breuvages et/ou dans une boîte de nuit où il faut nécessairement parler fort pour pouvoir s’entendre.

On en croise souvent

Vous en avez déjà certainement croisé. Vous en croisez régulièrement. On en croise tellement. Je parle ici d’une catégorie de personnes qui ne peuvent s’empêcher de faire quelque chose que je trouve particulièrement horripilant : les gens qui parlent fort.

Ces derniers le font pour tout un tas de raisons dans de très nombreuses circonstances. Et la plupart du temps ils le font sans s’en rende compte. Mais parfois aussi ils pratiquent cet étrange art en toute connaissance de cause.

D’où vient cette insupportable manie qu’ont les gens de parler fort ? Le plus frappant dans l’histoire c’est que ces mêmes personnes ne se rendent pas compte qu’elles sont dans une forme d’excès qui peut en dérouter plus d’un(e). Cela fait partie de ces petites choses que l’on fait inconsciemment parce qu’ancrées dans notre comportement quotidien usuel. Et qui peuvent s’avérer désastreuses dans les relations sociales.

D’une culture à l’autre

Cela diffère d’ailleurs fortement d’une culture à l’autre aussi. Cela peut en effet être interprété de façon très différente. Si dans certains pays tout le monde parle fort, il en est d’autres où cela n’est pas le cas et peut être très mal vu. Et cela ne se cantonne pas qu’au gag du “parler trop fort”.

Savez-vous par exemple que dans certaines cultures on ne croise jamais les jambes lorsque l’on discute assis(e) ? Cela est considéré comme une marque d’irrespect. De même que l’on n’offre jamais des fleurs en nombre pair dans d’autres contrées. Et bien le gag de la voix trop forte c’est un peu la même chose.

Il n’empêche…

On ne m’otera pas de l’idée que c’est tout de même un peu étrange comme comportement. Est-ce pour masquer un manque de confiance en soi? Ou pour montrer qu’on existe? Ou encore pour faire le coq et en imposer aux autres?

C’est encore plus perturbant quand il y a effet de surprise. Prenons l’exemple classique de quelqu’un qui téléphone dans la rue. Vous avez sans doute déjà vécu la scène : tout d’un coup vous sursautez car on vient de vous interpeler sans que vous vous y attendiez. Mais en fait il s’agit d’un début de conversation téléphonique d’une personne qui parle fort avec une autre. La brusquerie nonchalante de ladite personne mélangée à une certaine volonté de bien affirmer sa présence est quelque chose d’assez édifiant en fait.

Et que dire de toutes celles et ceux qui abusent de cela dans les transports en commun ? Dans une rame de métro ça peut encore passer : dans certains cas le bruit des wagons sur les rails couvre les conversations. Mais lorsque l’on est dans un train par exemple et que l’ambiance est plutôt calme ? Non il n’y a rien à faire : des fois je ne comprends décidément pas l’être humain.

Que faire si c’est un.e proche?

On peut néanmoins limiter un peu la casse lorsque les gens se connaissent. En effet les voix qui portent sont fréquentes dans les espaces publics tels que la rue. Et elles proviennent de personnes que l’on ne connait pas pour la plupart du temps…

Lorsque les gens se connaissent donc c’est tout de même plus facile à gérer. Parce qu’on sait que la personne est comme cela et qu’elle sait aussi se modérer logiquement par elle-même. Et qu’il est toujours plus facile de dire poliment à celle-ci de baisser un peu le volume sans qu’elle s’en offusque trop.

Enfin normalement.

E D I T H D E N A N T E S

Adieu M. Le Président

Jacques Chirac [1932-2019].

La disparition de Jacques Chirac en ce mois de septembre 2019, ses funérailles infiniment touchantes et les cérémonies d’hommage de la Nation qui s’ensuivirent font partie de ces instants rares qu’il faut souligner. Par son caractère d’union nationale bien entendu mais aussi par le ressenti que chacun et chacune a pu avoir suite à ces événements.

Pour ma part je ne pensais pas que cela me ferait autant d’effet. Lors des funérailles retransmises en direct, j’ai pleuré à chaudes larmes comme s’il s’agissait d’un proche immédiat. Comme beaucoup de nos compatriotes, il était un peu plus qu’un ancien Président à mes yeux : il était une figure familière incroyablement sympathique.

Un tiers de ma vie

C’est en me remémorant quelques souvenirs qui se bousculaient dans mon esprit que le calcul suivant m’apparut. Jacques Chirac a été élu au pouvoir suprême de la présidence de la République lorsque j’avais 12 ans. Il a quitté ses fonctions présidentielles lorsque j’en avais 24. Il est décédé cette année où j’en ai 36.

A ce jour où il nous quitte et à l’heure où j’écris ces quelques lignes il aura donc été mon président de la République pendant tout le deuxième tiers de ma vie. Et quelle période ! Les premiers amours, les premiers gros excès, un sacré paquet de fous rires et une quantité innombrable de bons souvenirs.

Et puis pour autant parler de mon propre ressenti : que dire de tout ce qui était antérieur à son passage à l’Elysée ? Car il était déjà ancré dans la société française bien avant ses deux mandats présidentiels. Et c’est là que je me suis souvenu qu’il y a quelques mois de cela d’un heureux hasard.

Un livre sur Jacques Chirac

J’avais récupéré un livre sur lui par le biais de mes parents qui eux-mêmes l’avaient eu de la part d’une amie. Il s’agit d’un pavé qui s’apparente à une biographie de sa vie et qui se concentre surtout sur sa seconde campagne présidentielle de 1988. Ces chroniques sont intitulées “Jacques Chirac – Une Passion Pour La France“. J’ai vérifié : on peut les trouver en ligne sur quelques sites marchands (un lien est disponible en fin d’article).

L’ouvrage est très plaisant à lire dans son ensemble même si on est clairement moins dans la biographie objective que dans l’outil promotionnel pour soutenir sa campagne d’alors. Il y a en effet un côté un peu grandiloquent dans les descriptions des très nombreuses photos qui constituent l’ouvrage. Si l’homme et ses actions sont bien valorisés, il se dégage avec le recul un côté un peu désuet mais qui paradoxalement en fait tout le charme.

Album photo de famille

Cela se savoure comme on se délecterait à feuilleter un album photo de famille. Ce livre est par ailleurs richement documenté et agrémenté de très nombreuses photographies d’époque. Certaines sont particulièrement savoureuses, tant par la chaleur communicative qui se dégage du personnage que par le contraste entre la société d’hier et celle d’aujourd’hui (mode des années 70 et 80, personnalités encore vivantes à l’époque aujourd’hui disparues, faits marquants de carrière, etc.).

Petite cerise sur le gâteau et qui fait son charme : l’exemplaire que je possède est dédicacé par Chichi himself. Et quelques photos argentiques d’un meeting à Nantes en mars 1988 étaient restées dans les pages. Tout cela contribue à en faire un livre de table basse qu’il fait bon de feuilleter une fois de temps en temps. Entre ça et avoir une page Wikipédia, il faut tout de même reconnaître que ça a de la gueule.

Je ne vais pas vous faire un article trop long ou trop déconstruit tant il y a à dire sur l’homme sous tous ses aspects. Le personnage en lui-même évidemment, son côté débonnaire et son incroyable joie de vivre communicative. Sur ses plus belles réalisations et succès mais aussi sur les erreurs et les drames qui ont ponctués sa vie. Certaines de ses erreurs ternissent un peu le tableau voire peuvent cliver de nos jours le ressenti final (les diverses “affaires” qui lui ont valu des poursuites judiciaires, quelques choix et propos maladroits, etc.).

Quelques mots du “Chi” pour conclure

J’ai rédigé cet article juste après avoir regardé attentivement les funérailles de Jacques Chirac. J’avoue être encore un peu dans l’émotion et la politique n’est pas mon fort. En tout cas pas aujourd’hui. Et pas sous forme de prose interminable sur cet espace.

Je termine donc en vous faisant partager quelques mots de cet homme d’exception datés du 24 novembre 1981 et qui fait office de conclusion dans le livre évoqué. Ces propos qui datent d’il y a près de quarante ans désormais résonnent encore de nos jours. On peut les méditer et ils pourront inspirer nombre de nos dirigeants contemporains :

Comprendre la France, c’est connaître son Histoire, c’est assimiler les cathédrales, la sagesse de Montaigne, la foi de Pascal, l’esprit de Voltaire, la musique de Hugo, cinq siècles de peinture et dix siècles de bataille. C’est reconnaître aussi qu’au-delà de brèves périodes de fièvre ou de fureur, il y a la permanence d’un peuple qui a su faire son chemin dans l’Histoire sur les voies de la raison et de la mesure, et qui ne s’est jamais égaré plus d’un moment sur les traverses incertaines“.

Adieu M. Le Président. Vous nous manquez déjà.

→ Biographie de Jacques Chirac
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Chirac

→ Christian Boyer et Jean-Pierre Betcher “Jacques Chirac – Une Passion Pour La France
https://fr.shopping.rakuten.com/s/jacques+chirac+une+passion+pour+la+france